A l'occasion de notre week-end sécu (TGKM) nous avons tiré de la plage une bonne dizaine de feux à main périmés.
Quelques constatations:
- tous ces feux , périmés d'au moins deux ans, sans exceptions ont parfaitement fonctionné pendant une durée de 1'30". Cela signifie qu'il peut être intéressant de les conserver pour exercice et entraînement plutôt que de les faire reprendre par un ship à l'occasion du renouvellement de cet équipement.
- certains feux, ne me demandez pas précisément lesquels, je n'ai pas pris de notes à ce propos, éjectent violemment lors de leur allumage un bouchon en plastique dur et cela à plus de 20 métres de hauteur : c'est donc potentiellement dangereux (je n'ai pas écrit LBD mais méfiance...).
- tout le monde dans notre petit groupe pouvait s'essayer à cet allumage de feux, il y avait du matos en suffisance pour ça mais dans la pratique il m'a semblé que le fonctionnement redoutable de ces engins en a impressionné plus d'un: on ne s'est pas bousculé pour jouer avec cette pyrotechnie. En utilisation réelle, ça augure assez mal de l'efficacité de ce type de matériel.
Pour se faire une idée un peu plus réaliste de l'utilisation de cet arsenal, ça pourrait valoir le coup de faire un test de tirs, feux à main ET fusées parachute, à partir de kayaks, par mer agitée et en présence de sauveteurs type SNSM, Sécurité civile...
Question accessoire : qui aurait une expérience d'utilisation en réel de ces feux et fusées?
Re: sécu : les joies de la pyrotechnie
Publié : mer. mars 11, 2020 8:25 am
par Jef29200
merci pour ce compte rendu. Comme vous, je n'ai utilisé les feux à main que lors d'exercices à terre avec Christian Scalbert et Jean Marc Terrade..
Nous avions testé un fumigène. Le but du fumigène est de nous rendre visible, en particulier par les secours aériens. Si le vent est fort (4 Beaufort lors de nos tests) la fumée orange sera plaquée sur l’eau. Les sauveteurs en avion, ou hélicoptère, apprécient particulièrement le fumigène car il laisse à la surface de l’eau de grandes traînées orange, facilement repérables depuis le ciel. Le fumigène est le matériel pyrotechnique qui présente le moins de risques pour les kayakistes en cas d’erreur de manipulation. Selon les vents et/ou les courants, il se peut que les membres d’un groupe de kayakistes distraits ne puissent plus se voir mutuellement pendant toute la durée de fonctionnement du fumigène (1 à 3 minutes) et au delà. Il faut donc réfléchir aux interactions du vent et du courant par rapport au placement du groupe avant de déclencher le fumigène.
Nous avions également testé une fusée parachute. Soucis avec le vent de 5 Bft : tiré beaucoup trop en oblique, le vent a malheureusement vite rabattu le parachute.
Une quinzaine de jours avant Jean Marc Terrade, notre moniteur, avait prévenu le CROSS et la la DML, Direction Mer et Littoral , c'est la nouvelle appellation des affaires maritimes. Il y a des formulaires à remplir et à renvoyer une semaine avant. Un quart d’heure avant l’exercice, Jean Marc a repris contact (par VHF canal 16) avec le CROSS pour annoncer l’heure de début et celle de fin d'exercice, la nature et le lieu exact de l’exercice de sécurité (une fusée parachute, un fumigène et 5 feux à main sur telle plage). Cela afin qu’il ne puisse pas y avoir de confusion entre ces signaux d’exercices et des signaux réels d’appel au secours.
Se signaler au préalable à l'antenne locale de la Direction Mer et Littoral, ainsi qu'au CROSS, est une obligation, à défaut les contrevenants risquent une amende et c'est très compréhensible. Si on craque des feux sans raison réelle de sécu et qu'ils ne sont pas prévenus nous risquons de déclencher des secours inutilement.
Re: sécu : les joies de la pyrotechnie
Publié : mer. mars 11, 2020 9:24 am
par Jef29200
une vidéo pédagogique :
Re: sécu : les joies de la pyrotechnie
Publié : mer. mars 11, 2020 10:41 am
par David22410
Merci pour ce retour et ces infos très intéressantes.
L'aspect "tourbillon infernal" d'un feu à main lâché dans l'eau, relaté sur le forum anglais, est marquant.
Question de béotien : pour refroidir un feu à main devenu trop chaud, on l'immerge (sans le lâcher) quelques secondes ? (un des rares avantages du kayak par rapport au voilier, où cela doit être périlleux).
Re: sécu : les joies de la pyrotechnie
Publié : mer. mars 11, 2020 10:53 am
par Olivier78
J'ai eu l'occasion de voir un fumigène jeté dans un bidon d'eau. Format baril de 200l. Tout le fût se met à bouillonner. Je ne m'amuserais pas à le tenir ...
Olivier
Re: sécu : les joies de la pyrotechnie
Publié : mer. mars 11, 2020 11:20 am
par jpr44
David22410 a écrit : mer. mars 11, 2020 10:41 am
Merci pour ce retour et ces infos très intéressantes.
L'aspect "tourbillon infernal" d'un feu à main lâché dans l'eau, relaté sur le forum anglais, est marquant.
Question de béotien : pour refroidir un feu à main devenu trop chaud, on l'immerge (sans le lâcher) quelques secondes ? (un des rares avantages du kayak par rapport au voilier, où cela doit être périlleux).
Pour te répondre, c'est simple, teste le truc, fais un essai avec un p... de feu : ça ne s'éteind pas, ça fuse à mort, puissamment et d'ailleurs pourquoi chercher à éteindre ou refroidir un feu? il faut que ça brûle, il faut que ça se voit bien. Je suppose que les composants contiennent beaucoup de potassium et je ne sais quoi.
Par ailleurs, pour se brûler, il faut être très malchanceux et maladroit: tenus correctement, la main est loin de la flamme. Quand on craque une allumette, on évite de laisser le doigt sur la partie souffrée. C'est pareil pour le feu.
Je me pose des questions pour l'utilisation en réel en kayak: aucune vidéo sur le web présentant une manip en kayak en eau agitée!!! est-ce à dire que l'usage de feux en kayak est une forme de "légende urbaine"???
D'autre part, n'est-ce pas risible qu'une technologie très ancienne, vieille de plusieurs siècles si ce n'est des millénaires (Chine) en soit réduite à un niveau si primitif ? On est capable d'envoyer des gens avec des engins formidables en "villégiature" autour de la Terre (ISS/SSI) et nous continuons à nous en remettre pour sauver nos vies à du bricolage guère plus élaboré, j'exagère à peine, que le feu grégeois des Grecs Byzantins du VII ème siècle (voir Wiki).
Re: sécu : les joies de la pyrotechnie
Publié : mer. mars 11, 2020 11:48 am
par jpr44
jpr44 a écrit : mer. mars 11, 2020 11:20 am
Par ailleurs, pour se brûler, il faut être très malchanceux et maladroit.
Pardonnez-moi (ou pas ?) mais quand j'ai employé cette expression, j'ai été limite offensant: en réalité, sur l'eau, dans l'eau, dans le feu de l'action, nous serons tous malchanceux ET maladroits.
Re: sécu : les joies de la pyrotechnie
Publié : mer. mars 11, 2020 12:04 pm
par Jef29200
Pas de soucis Jean-Pierre, nous faisons comme nous pouvons et des fois ce n'est pas glorieux (je parle pour moi).
David22410 a écrit : mer. mars 11, 2020 10:41 am
...
Question de béotien : pour refroidir un feu à main devenu trop chaud, on l'immerge (sans le lâcher) quelques secondes ? (un des rares avantages du kayak par rapport au voilier, où cela doit être périlleux).
normalement la poignée en plastique (qu'on a vissé au tube qui brûle) ne chauffe pas. Mais oui, une fois cramé, le mieux, c'est de plonger le feu dans la mer et de l'y laisser.
En kayak, garder l'équilibre peut être compliqué, mais l'avantage par rapport à craquer un feu à terre, c'est qu'en mer on peut mouiller sa main et sa manche facilement avant de craquer le feu.
En réfléchissant, il me semble que le mieux est de craquer le feu sous le vent, en se plaçant de côté par rapport au vent, on tient le feu bras tendu à 45° au dessus de l'eau. Ainsi, le vent latéral emporte les éventuels brandons sur l'eau et non sur sa manche, ou vers soi, ou vers le pont du kayak.
A défaut on se place dos au vent pour ne pas recevoir soi-même les éventuels brandons. Avec le vent dans le dos, le pont avant du kayak peut recevoir des brandons, mais c'est moins dangereux que de se les ramasser sur nos vêtements. Si jamais, en cours de combustion, on se retrouve face au vent (kayak ardent), on tend le bras vers l’arrière, derrière soi.
Re: sécu : les joies de la pyrotechnie
Publié : mer. mars 11, 2020 9:05 pm
par David22410
Si le feu à main crame pendant une minute trente, en mer un peu agitée, à moins de se mettre en radeau, cela doit être un peu chaud (sans mauvais jeu de mot) pour se stabiliser avec une seule main avec la pagaie : le kayak risque de vivre un peu sa vie aussi, entre les vagues et le vent.
De ce point de vue, cela doit être plus simple, paradoxalement, une fois dans l'eau à barboter (lamentablement, j'imagine ) à côté du kayak(ce qui est peut être une position probable si on a besoin d'un feu à main... )
Voilà aussi un truc pas inintéressant à travailler, la stabilité à une main. Pour essayer parfois de prendre des photos de près des rochers (on a des pillow-lavas dans le coin !), dans les vagues, c'est pas bien évident, je trouve (le résultat des photos n'est pas brillant, d'ailleurs).
+ paddle float (bonne idée, comme ça, à priori) ?
Norsaq ?
Re: sécu : les joies de la pyrotechnie
Publié : mer. mars 11, 2020 9:45 pm
par jpr44
David22410 a écrit : mer. mars 11, 2020 9:05 pm
Si le feu à main crame pendant une minute trente, en mer un peu agitée, à moins de se mettre en radeau, cela doit être un peu chaud (sans mauvais jeu de mot) pour se stabiliser avec une seule main avec la pagaie : le kayak risque de vivre un peu sa vie aussi, entre les vagues et le vent.
De ce point de vue, cela doit être plus simple, paradoxalement, une fois dans l'eau à barboter (lamentablement, j'imagine ) à côté du kayak(ce qui est peut être une position probable si on a besoin d'un feu à main... )
Voilà aussi un truc pas inintéressant à travailler, la stabilité à une main. Pour essayer parfois de prendre des photos de près des rochers (on a des pillow-lavas dans le coin !), dans les vagues, c'est pas bien évident, je trouve (le résultat des photos n'est pas brillant, d'ailleurs).
+ paddle float (bonne idée, comme ça, à priori) ?
Norsaq ?
Je n'ai aucune expérience de la chose mais je peux imaginer que dans une mer agitée, ça doit être coton.
En radeau, cela doit améliorer l'affaire question stabilité, mais le risque barbecue doit s'accroître sérieusement.
Clairement, à mettre au programme d'une session sécu, avec une vidéo, SVP, que tout le monde en profite:
Re: sécu : les joies de la pyrotechnie
Publié : jeu. mars 12, 2020 8:23 pm
par FrancoisM69
Pour la stabilité tu fais comme les coureurs au large lors des arrivées de Transat : un feu dans chaque main ça équilibre !
Plus sérieusement je suis passé au feu à LED, aucun risque et plusieurs heures d'autonomie ce qui est un très gros plus. En contrepartie le flash est moins puissant.
Re: sécu : les joies de la pyrotechnie
Publié : jeu. mars 12, 2020 10:35 pm
par jpr44
FrancoisM69 a écrit : jeu. mars 12, 2020 8:23 pm
Pour la stabilité tu fais comme les coureurs au large lors des arrivées de Transat : un feu dans chaque main ça équilibre !
Plus sérieusement je suis passé au feu à LED, aucun risque et plusieurs heures d'autonomie ce qui est un très gros plus. En contrepartie le flash est moins puissant.
En pratique, quel feu flash as-tu choisi ? le choix est assez large et, accessoirement, le gag c'est que certains fournisseurs/distributeurs prétendent avoir en catalogue des articles qu'ils n'ont plus en magasin et/ou qu'ils refusent de commander pour leur boutique: ça n'aide pas vraiment pour faire un choix un peu raisonné.
Re: sécu : les joies de la pyrotechnie
Publié : mer. mars 18, 2020 9:23 pm
par FrancoisM69
Odeo Strobe (blanc) pour moi, et Odeo Distress Flare ( rouge) pour ma compagne de confinement..euh je veux dire de navigation.
Le blanc peux servir de feu de navigation, le rouge uniquement en détresse, donc à compléter par un petit feu blanc Topoplastic.