Habitants de la région de Brest attention site Seveso en projet
Publié : sam. janv. 15, 2011 8:25 pm
la lutte a débuté , prochaine action :
RDV bourg de Saint Divy dimanche 16 janvier à 10h00
texte provenant de ce site :
http://www.brest-ouvert.net/article8731.html
Une centrale à gaz de Guipavas : un projet du passé, un handicap pour la réalisation d’autres solutions énergétiques d’avenir
Un texte qui se construit au fur et à mesure des réflexions et des débats
vendredi 15 octobre 2010 La France s’aligne sur le futur projet européen actuel de politique énergétique qui prévoit, dans un contexte de libéralisation du marché de l’énergie, de favoriser d’une part, le développement et le renforcement de l’usage du gaz naturel avec développement d’infrastructures géantes (centrales , oléoducs, réseau de distribution) et d’autre part la poursuite de l’usage nucléaire comme source d’énergie.
Cela se traduit en France par la relance du nucléaire à Flamanville et Penly (EPR) et par le développement, sans précédent, de centrales dites à cycle combiné au gaz (CCG).
la France a autorisé la mise en service de treize centrales thermiques au gaz, deux autres pourraient suivre cette année. La production d’électricité à partir du gaz naturel est celle qui connaît aujourd’hui le plus fort développement, devant l’éolien. Cet intérêt des industriels (ex : Poweo) pour le gaz s’explique par le coût de l’investissement, important certes, mais bien moindre que pour le nucléaire et un retour sur l’investissement beaucoup plus rapide, les charges fixes étant bien moins élevées.
Des logiques environnementales et d’intérêt général guident t-elles ce choix ? Une réponse négative s’impose.
Si les 4 départements bretons produisent 8% de leur consommation électrique, la Bretagne à 5 départements en produit 38% (( l’Ile-de-France produit que 10% de l’électricité qu’elle consomme). Afin de faire face « aux pointes de consommation » (40heures par an en moyenne) RTE (Réseau de Transport d’Electricité), filiale d’EDF, a lancé, dans un premier temps, en 2006 un appel d’offres pour une unité de production d’électricité en Bretagne (puissance de 120 MW fonctionnant 400 h par an).
Un premier projet de centrale électrique gaz de 230 mégawatt a été lancé à Ploufragan dans les Côtes d’Armor. Il a été recalé par la population, les associations et la grande majorité de ses élu-e-s.
Malgré cela, à l’occasion de la réunion de la Conférence régionale de l’énergie le 24 septembre 2010, il a été annoncé un projet de centrale thermique à gaz de 400 Mégawatt en Finistère. Le site de Lanvian à Guipavas est avancé. Au-delà de l’appel d’offre de RTE, il s’agit maintenant d’une unité de production de base, donc appelée à fonctionner en permanence, ce qui n’est plus le même projet !
Premier élément de surprise à l’annonce de ce projet désormais finistérien : ce type de centrale au gaz ne peut que répondre en semi-base et non en pointe comme certains exploitants veulent bien nous laisser croire. On nous dit que cette centrale est appelé à remplacer les Turbines à Combustion (TAC) 3 sont installées à Brennilis et 2 à Dirinon, t rattachées à l’Unité de Production de Cordemais d’EDF. Mais il ne s’agit dans ces cas que d’énergie d’appoint, destinées à produire de l’énergie électrique pour faire face pendant quelques centaines d’heures par an seulement aux extrêmes pointes de consommation
Deuxième surprise : la France est un pays exportateur en électricité : la production nucléaire étant en augmentation de 15 % en 2010, les exportations françaises ont ainsi bondi en Août 2010 de 184.5% par rapport à août 2009. Depuis 1981, la production française d’électricité est supérieure à la demande intérieure15 et la France est exportatrice nette d’électricité (environ 60 TWh en 2006). Le solde des échanges est positif avec tous les pays voisins, principalement avec l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie.
Les rares périodes de pointe, durant l’hiver, mises en avant pour justifier la centrale sont liés à une demande d’électricité accrue par l’utilisation du chauffage électrique.
Il faut dire qu’avec la publicité massive d’EDF, Vivrelec et autres, en Bretagne il existe aujourd’hui 450 000 installations de chauffage électrique, 1 tiers des foyers sont équipés en chauffage électrique, à eux seuls ils absorbent plus de la moitié de la consommation électrique des ménages.
Il existe des alternatives pour limiter la consommation électrique en Bretagne lors de ces pointes. Ainsi, en 2009, a été testé « l’effacement diffus ». Il s’agit d’un système de coupures, qui en diminuant la consommation, permet d’atténuer le pic de la demande en électricité. Des boîtiers électroniques installés et reliés à des appareils électriques de chauffage, coupent l’utilisation des appareils durant 15 à 30 minutes. L’utilisateur ne ressent pas de baisse de chauffage.
Une centrale thermique à faible rendement
Une centrale thermique de production électrique seule a un rendement limité à 35%.
Un cycle combiné (à ne pas confondre avec cogénération) est une association de 2 cycles thermodynamiques. Le plus souvent, il s’agit d’un cycle de turbine à combustion et d’un cycle de turbine à vapeur. Le rendement théorique est de l’ordre de 60%.
Ainsi, la centrale thermique au gaz d’Hambrégie, en Moselle, d’une puissance de 892 Mégawatts, qui vient d’obtenir son autorisation d’exploiter, va consommer 180 000 m3 de gaz par heure, avec un rendement de 57%, cela représente 77 400 m3 de gaz par heure brûlé pour rien.
Le rendement global de la filière gaz pour la production électrique est encore plus faible si l’on tient compte du transport, de la liquéfaction/gazéification et des stations de compression sur les gazoducs. L’approvisionnement ’une centrale de ce type est délicat car la demande de ces centrales varie fortement selon l’heure de la journée, et est plus forte, également quand les autres consommateurs en demandent le plus. Le volume modulé appelé par ces centrales électriques à gaz représenterait - selon une étude prospective publiée en mars 2010 - déjà 50 % du volume modulé des consommation des autres consommateurs desservis en France par le réseau GRT Gaz, et ce chiffre devrait doubler (s’élever à 100 % en 2012),
La présence de cette centrale à Guipavas, une source d’insécurité liée à à proximité de l’aéroport Brest-Bretagne
Des cheminées de 50 m de haut, une centrale avec du gaz sous pression, autant d’éléments facteurs de risque... d’autant que l’aéroport Brest-Guipavas est situé tout près.
Le vol 5672 d’Air France est un accident aérien ayant eu lieu le 22 juin 2003 près de l’Aéroport de Brest-Guipavas. L’avion s’est scratché au lieu dit Keitin, tout près de Lanvian. Le commandant de bord est décédé, et 5 personnes furent blessés, dont le copilote. L’appareil a été entièrement détruit par l’incendie.
Un projet très coûteux
Il est consternant de voir arriver ce projet de centrale à gaz (350 millions d’euros, réseau d’adduction non compris) au moment même où à Brest (au Spernot) , l’Etat ne donne pas les subventions promises pour un projet de centrale à bois pour produire 5 mégawatts pendant toute l’année, et qui garantirait un débouché stable et important pour la filière du bois locale.
Ce projet ferme la porte à une vraie alternative énergétique régionale
La question est posée : si on construit une centrale thermique à Guipavas, où trouvera-t-on les financements publics et privés nécessaires pour un grand programme régional d’économies d’énergie et le lancement d’une filière industrielle dans les énergies renouvelables, marines notamment ?
Le recours au gaz, énergie fossile, nous rend dépendants. Cela est contraire à l’objectif d’autonomie énergétique de la Bretagne
96% gaz utilisé dans ses centrales thermiques est importé. Son le prix est aligné sur celui du pétrole. La France est très dépendante de quelques pays qui possèdent la majeure partie des réserves mondiales (Russie, Algérie...), Les fluctuations financières et des tensions géopolitiques seront croissantes.
Ce choix est en flagrante contradiction avec des orientations et des décisions prises à différents niveaux : local, régional, national. On peut citer les Grenelle de l’Environnement et de la Mer, le plan Energie Bretagne, la conférence régionale de l’Energie, les SCOT, les Agendas 21 ...
Le gaz est une énergie non durable, émettrice de gaz à effet de serre
Si le gaz naturel est reconnu comme étant une source d’énergie plus propre que le charbon ou le fioul, le gaz n’en reste pas moins une énergie fossile, non renouvelable, issue de la fossilisation d’anciennes forêts aujourd’hui disparues. De plus, la combustion de cette source d’énergie est émettrice de gaz à effet de serre.
L’ émission de CO2 d’une centrale électrique à gaz, en g par kWh produit (source Ademe) est de 404g à comparer aux 676 g du fioul.
La centrale thermique au gaz Hambrégie de 892 Mégawatts, à Hambach en Moselle qui vient d’obtenir son autorisation d’exploiter, va émettre 2 600 000 tonnes d’émissions de CO2 par an.
Comment donc peut-on soutenir ce projet de centrale à gaz et vouloir représenter l’ONU dans la lutte contre le réchauffement climatique ? C’est pourtant ce que font le Conseil régional de Bretagne, le Conseil général du Finistère et Brest Métropole Océane (BMO), qui ont créé ensemble et avec le PNUD (ONU), en juillet dernier, une association Climat en préfiguration d’un GIP (Groupement d’Intérêt Public).
Comment peut-on soutenir ce projet de centrale à gaz et prétendre être cohérent avec la mise en place du Plan Climat Territorial Intégré de l’agglomération (BMO), qui vise à « réduire et à maîtriser l’émission de gaz à effet de serre et à rendre le territoire plus résistant face au réchauffement climatique » ?
Dans la délibératrion présentant le le Plan Climat Territorial, il est pourtant écrit que " BMO dispose de toute la légitimité à lancer un Plan Climat et à adopter les objectifs des "3x20", souscrivant en cela aux orientations de la Convention des Maires et en y adhérant".
[1]
L’agenda 21 de BMO, voté aussi en 2009, (action n° 4 Politique énergétique) reprend également l’objectif des 3X20 :
réduire de 20 % les émissions de GES à l’horizon 2020
économiser 20 % de la consommation totale d’énergie
porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique.
Le pic de production mondiale du gaz approche
Selon des spécialistes reconnus, (ex :Jean-Marc JANCOVICI), le pic de production mondiale aura lieu entre 2020 et 2040, après le pic, les réserves ne suffiront plus à satisfaire la demande.
Un réseau d’approvisionnement peu adapté
Les opérateurs publics du transport du gaz (rapport du cabinet d’ études Horizons – 2009) alertent sur l’insuffisance des infrastructures gazières à subvenir aux besoins d’un parc important de centrales. Les risques de congestion du réseau gazier, ou de surcoûts à la charge de l’ensemble de ses usagers, sont donc à prévoir.
Une croissance de la consommation à craindre
Les producteurs d’électricité pourraient être incités à mettre en échec ou retarder sensiblement les offres de réduction de la consommation de pointe pour des raisons de rentabilité interne.
Des alternatives existent :
1) en réalisant des économies d’énergies
Diminuer la consommation énergétique dans les bâtiments publics et privés (diagnostics, travaux d’isolation dans le bâti ancien, nouveaux modes de chauffage...),
avec l’avantage de créer de milliers d’emplois et de réduire des factures énergétiques des ménages.
Agir sur les comportements, procédures et publicités incitant à la (sur) consommation énergétique, électrique en particulier ; De ce point de vue, les habitants de la Bretagne ont montré une sobriété énergétique exemplaire lors des alertes énergie de l’hiver dernier, prouvant ainsi qu’une autre façon de consommer est possible. La population bretonne est restée très sensible aux économies d’énergie. Une tarification adaptée et la pose de compteurs intelligents pourraient permettre d’aller plus loin en ce sens.
Agir sur la tarification et la gestion des heures de pointe, des solutions existent (dissuasion des heures et des jours de pointe ; délestage automatique des certaines consommations – chauffage ; abonnement moins coûteux et prix du kWh plus cher),
Développer les Plans Climat des collectivités ( destinés à réduire les gazs à effet de serre) encore trop peu nombreux, obligatoire pourtant pour collectivités ou intercommunalités de plus de 50 000 habitants
Nous avons besoin d’énergies de territoire
La Bretagne pourrait devenir une région productrice d’énergie durable avec un Recours systématique aux énergies renouvelables locales :
L’opinion publique bretonne n’est pas favorable, en effet, à la construction de centrales à gaz. </STRONG>
En dépit des puissantes campagnes médiatiques des lobbies industriels (Chambres de commerce et d’industrie), les breton-n-e-s n’adhèrent pas à l’idée d’avoir recours à de telles installations.
Les résultats de l’étude TMO présentée il y a 2 ans par le Conseil régional de Bretagne sont clairs : "Les personnes très favorables aux centrales thermiques tombent à 9% et la majorité des sondés s’exprimant y sont hostiles ".
Christian Bucher
[1] Dans la Convention des Maires, ceux-ci s’engagent à "dépasser les objectifs fixés par l’UE pour 2020 en réduisant d’au moins 20 % les émissions de CO2 sur leurs territoires respectifs ..."
<!-- license start -->©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info
RDV bourg de Saint Divy dimanche 16 janvier à 10h00
texte provenant de ce site :
http://www.brest-ouvert.net/article8731.html
Une centrale à gaz de Guipavas : un projet du passé, un handicap pour la réalisation d’autres solutions énergétiques d’avenir
Un texte qui se construit au fur et à mesure des réflexions et des débats
vendredi 15 octobre 2010 La France s’aligne sur le futur projet européen actuel de politique énergétique qui prévoit, dans un contexte de libéralisation du marché de l’énergie, de favoriser d’une part, le développement et le renforcement de l’usage du gaz naturel avec développement d’infrastructures géantes (centrales , oléoducs, réseau de distribution) et d’autre part la poursuite de l’usage nucléaire comme source d’énergie.
Cela se traduit en France par la relance du nucléaire à Flamanville et Penly (EPR) et par le développement, sans précédent, de centrales dites à cycle combiné au gaz (CCG).
la France a autorisé la mise en service de treize centrales thermiques au gaz, deux autres pourraient suivre cette année. La production d’électricité à partir du gaz naturel est celle qui connaît aujourd’hui le plus fort développement, devant l’éolien. Cet intérêt des industriels (ex : Poweo) pour le gaz s’explique par le coût de l’investissement, important certes, mais bien moindre que pour le nucléaire et un retour sur l’investissement beaucoup plus rapide, les charges fixes étant bien moins élevées.
Des logiques environnementales et d’intérêt général guident t-elles ce choix ? Une réponse négative s’impose.
Si les 4 départements bretons produisent 8% de leur consommation électrique, la Bretagne à 5 départements en produit 38% (( l’Ile-de-France produit que 10% de l’électricité qu’elle consomme). Afin de faire face « aux pointes de consommation » (40heures par an en moyenne) RTE (Réseau de Transport d’Electricité), filiale d’EDF, a lancé, dans un premier temps, en 2006 un appel d’offres pour une unité de production d’électricité en Bretagne (puissance de 120 MW fonctionnant 400 h par an).
Un premier projet de centrale électrique gaz de 230 mégawatt a été lancé à Ploufragan dans les Côtes d’Armor. Il a été recalé par la population, les associations et la grande majorité de ses élu-e-s.
Malgré cela, à l’occasion de la réunion de la Conférence régionale de l’énergie le 24 septembre 2010, il a été annoncé un projet de centrale thermique à gaz de 400 Mégawatt en Finistère. Le site de Lanvian à Guipavas est avancé. Au-delà de l’appel d’offre de RTE, il s’agit maintenant d’une unité de production de base, donc appelée à fonctionner en permanence, ce qui n’est plus le même projet !
Premier élément de surprise à l’annonce de ce projet désormais finistérien : ce type de centrale au gaz ne peut que répondre en semi-base et non en pointe comme certains exploitants veulent bien nous laisser croire. On nous dit que cette centrale est appelé à remplacer les Turbines à Combustion (TAC) 3 sont installées à Brennilis et 2 à Dirinon, t rattachées à l’Unité de Production de Cordemais d’EDF. Mais il ne s’agit dans ces cas que d’énergie d’appoint, destinées à produire de l’énergie électrique pour faire face pendant quelques centaines d’heures par an seulement aux extrêmes pointes de consommation
Deuxième surprise : la France est un pays exportateur en électricité : la production nucléaire étant en augmentation de 15 % en 2010, les exportations françaises ont ainsi bondi en Août 2010 de 184.5% par rapport à août 2009. Depuis 1981, la production française d’électricité est supérieure à la demande intérieure15 et la France est exportatrice nette d’électricité (environ 60 TWh en 2006). Le solde des échanges est positif avec tous les pays voisins, principalement avec l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie.
Les rares périodes de pointe, durant l’hiver, mises en avant pour justifier la centrale sont liés à une demande d’électricité accrue par l’utilisation du chauffage électrique.
Il faut dire qu’avec la publicité massive d’EDF, Vivrelec et autres, en Bretagne il existe aujourd’hui 450 000 installations de chauffage électrique, 1 tiers des foyers sont équipés en chauffage électrique, à eux seuls ils absorbent plus de la moitié de la consommation électrique des ménages.
Il existe des alternatives pour limiter la consommation électrique en Bretagne lors de ces pointes. Ainsi, en 2009, a été testé « l’effacement diffus ». Il s’agit d’un système de coupures, qui en diminuant la consommation, permet d’atténuer le pic de la demande en électricité. Des boîtiers électroniques installés et reliés à des appareils électriques de chauffage, coupent l’utilisation des appareils durant 15 à 30 minutes. L’utilisateur ne ressent pas de baisse de chauffage.
Une centrale thermique à faible rendement
Une centrale thermique de production électrique seule a un rendement limité à 35%.
Un cycle combiné (à ne pas confondre avec cogénération) est une association de 2 cycles thermodynamiques. Le plus souvent, il s’agit d’un cycle de turbine à combustion et d’un cycle de turbine à vapeur. Le rendement théorique est de l’ordre de 60%.
Ainsi, la centrale thermique au gaz d’Hambrégie, en Moselle, d’une puissance de 892 Mégawatts, qui vient d’obtenir son autorisation d’exploiter, va consommer 180 000 m3 de gaz par heure, avec un rendement de 57%, cela représente 77 400 m3 de gaz par heure brûlé pour rien.
Le rendement global de la filière gaz pour la production électrique est encore plus faible si l’on tient compte du transport, de la liquéfaction/gazéification et des stations de compression sur les gazoducs. L’approvisionnement ’une centrale de ce type est délicat car la demande de ces centrales varie fortement selon l’heure de la journée, et est plus forte, également quand les autres consommateurs en demandent le plus. Le volume modulé appelé par ces centrales électriques à gaz représenterait - selon une étude prospective publiée en mars 2010 - déjà 50 % du volume modulé des consommation des autres consommateurs desservis en France par le réseau GRT Gaz, et ce chiffre devrait doubler (s’élever à 100 % en 2012),
La présence de cette centrale à Guipavas, une source d’insécurité liée à à proximité de l’aéroport Brest-Bretagne
Des cheminées de 50 m de haut, une centrale avec du gaz sous pression, autant d’éléments facteurs de risque... d’autant que l’aéroport Brest-Guipavas est situé tout près.
Le vol 5672 d’Air France est un accident aérien ayant eu lieu le 22 juin 2003 près de l’Aéroport de Brest-Guipavas. L’avion s’est scratché au lieu dit Keitin, tout près de Lanvian. Le commandant de bord est décédé, et 5 personnes furent blessés, dont le copilote. L’appareil a été entièrement détruit par l’incendie.
Un projet très coûteux
Il est consternant de voir arriver ce projet de centrale à gaz (350 millions d’euros, réseau d’adduction non compris) au moment même où à Brest (au Spernot) , l’Etat ne donne pas les subventions promises pour un projet de centrale à bois pour produire 5 mégawatts pendant toute l’année, et qui garantirait un débouché stable et important pour la filière du bois locale.
Ce projet ferme la porte à une vraie alternative énergétique régionale
La question est posée : si on construit une centrale thermique à Guipavas, où trouvera-t-on les financements publics et privés nécessaires pour un grand programme régional d’économies d’énergie et le lancement d’une filière industrielle dans les énergies renouvelables, marines notamment ?
Le recours au gaz, énergie fossile, nous rend dépendants. Cela est contraire à l’objectif d’autonomie énergétique de la Bretagne
96% gaz utilisé dans ses centrales thermiques est importé. Son le prix est aligné sur celui du pétrole. La France est très dépendante de quelques pays qui possèdent la majeure partie des réserves mondiales (Russie, Algérie...), Les fluctuations financières et des tensions géopolitiques seront croissantes.
Ce choix est en flagrante contradiction avec des orientations et des décisions prises à différents niveaux : local, régional, national. On peut citer les Grenelle de l’Environnement et de la Mer, le plan Energie Bretagne, la conférence régionale de l’Energie, les SCOT, les Agendas 21 ...
Le gaz est une énergie non durable, émettrice de gaz à effet de serre
Si le gaz naturel est reconnu comme étant une source d’énergie plus propre que le charbon ou le fioul, le gaz n’en reste pas moins une énergie fossile, non renouvelable, issue de la fossilisation d’anciennes forêts aujourd’hui disparues. De plus, la combustion de cette source d’énergie est émettrice de gaz à effet de serre.
L’ émission de CO2 d’une centrale électrique à gaz, en g par kWh produit (source Ademe) est de 404g à comparer aux 676 g du fioul.
La centrale thermique au gaz Hambrégie de 892 Mégawatts, à Hambach en Moselle qui vient d’obtenir son autorisation d’exploiter, va émettre 2 600 000 tonnes d’émissions de CO2 par an.
Comment donc peut-on soutenir ce projet de centrale à gaz et vouloir représenter l’ONU dans la lutte contre le réchauffement climatique ? C’est pourtant ce que font le Conseil régional de Bretagne, le Conseil général du Finistère et Brest Métropole Océane (BMO), qui ont créé ensemble et avec le PNUD (ONU), en juillet dernier, une association Climat en préfiguration d’un GIP (Groupement d’Intérêt Public).
Comment peut-on soutenir ce projet de centrale à gaz et prétendre être cohérent avec la mise en place du Plan Climat Territorial Intégré de l’agglomération (BMO), qui vise à « réduire et à maîtriser l’émission de gaz à effet de serre et à rendre le territoire plus résistant face au réchauffement climatique » ?
Dans la délibératrion présentant le le Plan Climat Territorial, il est pourtant écrit que " BMO dispose de toute la légitimité à lancer un Plan Climat et à adopter les objectifs des "3x20", souscrivant en cela aux orientations de la Convention des Maires et en y adhérant".
[1]
L’agenda 21 de BMO, voté aussi en 2009, (action n° 4 Politique énergétique) reprend également l’objectif des 3X20 :
réduire de 20 % les émissions de GES à l’horizon 2020
économiser 20 % de la consommation totale d’énergie
porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique.Le pic de production mondiale du gaz approche
Selon des spécialistes reconnus, (ex :Jean-Marc JANCOVICI), le pic de production mondiale aura lieu entre 2020 et 2040, après le pic, les réserves ne suffiront plus à satisfaire la demande.
Un réseau d’approvisionnement peu adapté
Les opérateurs publics du transport du gaz (rapport du cabinet d’ études Horizons – 2009) alertent sur l’insuffisance des infrastructures gazières à subvenir aux besoins d’un parc important de centrales. Les risques de congestion du réseau gazier, ou de surcoûts à la charge de l’ensemble de ses usagers, sont donc à prévoir.
Une croissance de la consommation à craindre
Les producteurs d’électricité pourraient être incités à mettre en échec ou retarder sensiblement les offres de réduction de la consommation de pointe pour des raisons de rentabilité interne.
Des alternatives existent :
1) en réalisant des économies d’énergies
Diminuer la consommation énergétique dans les bâtiments publics et privés (diagnostics, travaux d’isolation dans le bâti ancien, nouveaux modes de chauffage...),avec l’avantage de créer de milliers d’emplois et de réduire des factures énergétiques des ménages.
Agir sur les comportements, procédures et publicités incitant à la (sur) consommation énergétique, électrique en particulier ; De ce point de vue, les habitants de la Bretagne ont montré une sobriété énergétique exemplaire lors des alertes énergie de l’hiver dernier, prouvant ainsi qu’une autre façon de consommer est possible. La population bretonne est restée très sensible aux économies d’énergie. Une tarification adaptée et la pose de compteurs intelligents pourraient permettre d’aller plus loin en ce sens.
Agir sur la tarification et la gestion des heures de pointe, des solutions existent (dissuasion des heures et des jours de pointe ; délestage automatique des certaines consommations – chauffage ; abonnement moins coûteux et prix du kWh plus cher),
Développer les Plans Climat des collectivités ( destinés à réduire les gazs à effet de serre) encore trop peu nombreux, obligatoire pourtant pour collectivités ou intercommunalités de plus de 50 000 habitantsNous avons besoin d’énergies de territoire
La Bretagne pourrait devenir une région productrice d’énergie durable avec un Recours systématique aux énergies renouvelables locales :
- Eolien terrestre (il y a un potentiel non exploré pour des éoliennes de petite et moyenne puissance), solaire…
- Energies de la mer (éolien offshore, hydroliennes – courant, marées houles̷) , la Bretagne est avant tout une région maritime
- Biomasse (bois énergie, déchets fermenticibles)
L’opinion publique bretonne n’est pas favorable, en effet, à la construction de centrales à gaz. </STRONG>
En dépit des puissantes campagnes médiatiques des lobbies industriels (Chambres de commerce et d’industrie), les breton-n-e-s n’adhèrent pas à l’idée d’avoir recours à de telles installations.
Les résultats de l’étude TMO présentée il y a 2 ans par le Conseil régional de Bretagne sont clairs : "Les personnes très favorables aux centrales thermiques tombent à 9% et la majorité des sondés s’exprimant y sont hostiles ".
Christian Bucher
[1] Dans la Convention des Maires, ceux-ci s’engagent à "dépasser les objectifs fixés par l’UE pour 2020 en réduisant d’au moins 20 % les émissions de CO2 sur leurs territoires respectifs ..."
<!-- license start -->©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info


