Bormes les Mimosas
Publié : jeu. mai 15, 2008 10:22 am
Il est un peu plus de 10h ce jeudi 8 mai lorsque j'arrive au camping de Bormes les Mimosas pour un petit rassemblement Nérée-CK/Mer mettant à profit le long week end qui s'annonce.
Les formalités d'accès passées, c'est armé du plan (indispensable) de ce camping gigantesque (1200 emplacements répartis sur 45ha) que je pars à la recherche de Sylvie et Stan dont j'avais fait la connaissance lors de mon bivouac à Esparron.
<o></o>
Lorsque je les trouve j'apprends que la météo s'annonce mauvaise pour le kayak de mer et que beaucoup de participants prévus ont préféré renoncer plutôt que de traverser tout ou partie de la France pour rien.
Pour Sylvie et moi c'est plutôt une bonne nouvelle d'avoir un prof comme Stan pour nous tous seuls et même si on ne peut pas faire les randos prévues j'ai tellement de choses à découvrir (à commencer par les vagues) que le simple fait de raser les cailloux de la plage sera forcément bénéfique et instructif. Je suis venu pour découvrir la mer en kayak et travailler certaines manoeuvres (paddle float notamment) afin d'améliorer ma sécurité.
<o></o>
C'est jour de manoeuvre pour la marine visiblement: 2 gros bateaux gris sont au large, régulièrement des hélicoptères s'y posent ou en décollent enfin bref c'est un peu bruyant.
<o></o>
Après le déjeuner c'est le moment de vérité: on décharge les kayaks et on se prépare pour aller faire une petite rando en direction de Brégançon.
Sur la plage il n'y a pas grand monde ce qui m'arrange: quitte à être ridicule autant que ce soit en petit comité.
Je regarde la mer, les vagues me paraissent bien grosses tout à coup...
Bon c'est pas le tout mais faut y aller; Stan et Sylvie sont déjà partis alors que je suis toujours en train d'essayer de mettre cette p..... de jupe.
<o></o>
Les premiers coups de pagaie sont hésitants, les vagues c'est pas habituel pour moi et ça remet tout en cause ou presque: hors de question de giter dans les vagues, si je fais ça je vais me foutre en l'air c'est sûr... Je rattrape péniblement Stan et Sylvie qui ont eu le bon goût de m'attendre un peu.
Je suis juste en arrière de Stan et légèrement décalé, je lutte contre les vagues qui arrivent par le côté, je rattrape en permanence un équilibre que je perds aussitôt après pour le récupérer in extremis.
Je me dis que ça va forcément pas durer et qu'immanquablement je vais passer à la baille lorsqu'une vague arrive, pas pire que les autres mais cette fois-ci je me penche pas du bon côté et avant même que le kayak ne soit retourné je suis déjà en train de barboter dans la grande bleue.
<o></o>
Comme on vient juste de partir, je lance les pieds vers le fond, on ne sait jamais mais évidemment on n'a plus pied à cet endroit, fallait pas rêver. J'ai à peine le temps de me dire qu'elle n'est pas chaude que Stan est déjà là : "reste accroché à ton kayak et récupère ta pagaie". Ah ben vi c'est vrai, j'avais une pagaie au départ, elle est passée où celle-là ? Je lâche le kayak le temps de la récupérer et retourne à ma ligne de vie.
"Passe moi ton kayak et ta pagaie et va faire le cochon pendu au bout de mon kayak"
Stan passe ma pagaie à Sylvie, attrape mon kayak, le retourne et le vide pendant que je suis accroché à la pointe de son kayak.
Finalement, après le choc de départ l'eau est plutôt bonne Stan maîtrise visiblement la manoeuvre et j'avais de toutes façons prévu de finir à l'eau à un moment ou à un autre donc tout se déroule suivant mes plans finalement.
<o></o>
Stan à mis les 2 kayaks en parallèle, je me hisse sur le sien, accroche la ligne de vie du mien sur lequel je me couche et réussi à glisser mes jambes dans l'hiloire avant de me tourner dans le bon sens. Manoeuvre de récupération parfaitement réussie, merci Stan!
Après avoir vidé le peu d'eau qui reste dans le kayak, je rejupe et on peut repartir.
Ca bouge toujours mais je commence à m'habituer, à laisser traîner la pagaie sur la vague pour m'appuyer dessus quand c'est nécessaire et si je ne suis pas forcément très rassuré je m'aperçois que ça se passe pas si mal que ça.
Sylvie a demandé à faire du rase-cailloux, et a obtenu sans problème mon soutien pour cette option... Quitte à repasser à la baille, je préfère avoir pied.
<o></o>
La côte défile, on passe le cap Bénat puis le cap Blanc et on se dirige vers l'Ouest.
Une vedette de la SNSM part à fond vers le large, si c'est pour moi ils sont un peu en retard...
On rase les cailloux, on se faufile entre eux, parfois ça frotte sous la coque mais ça va.
Au bout de près de 2h de nav' environ, on fait demi-tour avant d'arriver au Fort de Brégançon: avec Sylvie on veut faire des exercices sur la plage au retour et on pourra toujours voir si Carla et Nicolas font du naturisme un autre jour.
<o></o>
"Heu... on avait dit qu'on faisait du rase-cailloux, non?"
"Ben oui mais c'est plus court en coupant les criques..."
Bon ben y'a plus qu'à serrer les fesses...
La côte défile plus vite c'est sûr mais je ne suis pas très rassuré: ça bouge, Stan et Sylvie ont au moins 100m d'avance, si je passe à la baille...
Des zodiacs, avec des mecs pas tibulaires mais presque à bord, passent à fond: les commandos Hubert sont de la partie dans les manoeuvres de la marine visiblement.
De temps à autres des bateaux nous croisent et leurs vagues se rajoutent aux autres; jusque là tout va bien, jusque là tout va bien, jusque là tout va bien...
Néanmoins Stan regarde régulièrement derrière pour surveiller si je suis et on arrive à la plage sans encombre.
<o></o>
Maintenant c'est l'heure des manoeuvres; avec Sylvie on veut aller près de la plage mais Stan veut que nous n'ayons pas pied et nous fait remarquer avec raison que de toutes façons les vagues nous poussent vers la côte et que même en commençant après les bouées on va à coup sûr finir sur le sable.
<o></o>
C'est Sylvie qui commence, j'observe accroché à une bouée pour ne pas dériver.
Elle fait les exercices de pointe mais arrête rapidement car elle trouve l'eau trop froide.
C'est à mon tour d'attraper la pointe du kayak. Comme je suis très à l'aise dans l'eau (j'ai pas dit "sur l'eau") et que je suis déjà mouillé je trouve ça facile à faire et passe rapidement au suivant: le paddle float. C'est là que ça s'est gâté...
<o></o>
Au dernier exercice de pointe je me laisse choir de l'hiloire (mais cette fois c'est par choix que je chois). Je sors des élastiques derrière l'hiloire le gilet faisant fonction de paddle float et tout en nageant près du kayak l'enfile sur la pagaie et commence la manoeuvre que je connais par coeur... dans sa partie théorique.
La première partie ne se passe pas trop mal mais dès que je prends appui sur le kayak, le gilet se barre de la pelle...
Après plusieurs essais Stan me passe son paddle float gonflable. Je le déroule, le gonfle, l'enfile au bout de la pagaie et l'attache au manche.
Cette fois ci plus de soucis, le paddle reste bien sur la pelle mais c'est une fois dans l'axe du kayak qu'invariablement je passe par-dessus et me retrouve de l'autre côté du kayak.
Après 5 ou 6 essais infructueux je laisse tomber: cela doit faire 10 minutes que je me bats dans l'eau et je commence à fatiguer un peu. C'est pas grave je sais que je ne suis pas loin de réussir: il faudra remettre l'ouvrage sur le métier, c'est tout.
Avec Sylvie nous faisons promettre à Stan de nous faire une démo le lendemain.
Pour moi de toutes façons tout cela est très positif: puisque ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort j'ai forcément progressé grâce à mes échecs; je n'en ai pas conscience c'est tout.
<o></o>
Alors que nous ramenons les kayaks au camping nous croisons Joss qui vient d'arriver; il a vu l'annonce du rassemblement sur le site de Nérée et a décidé de se joindre à nous avec son épouse Fabienne. Il a aussi amené la planche à voile pour les jours où il y a trop de vent pour le kayak: il ne le regrettera pas.
<o></o>
Le soir lors du repas nous écoutons la météo sur la VHF de Stan: le vent va forcir et la mer grossir; pour demain randonner semble compromis mais ça n'est pas grave, des exercices en bord de plage me conviennent très bien.
<o></o>
Le lendemain matin dès le lever je vais sur la plage: la météo avait raison ça souffle plus et la mer est plus agitée qu'hier. Des membres du club de Draguignan doivent venir nous voir et nous ne sommes donc pas surpris de recevoir leur appel vers 10h. Nous les rejoignons sur le parking de la plage et faisons connaissance de Claude, Franck et Maude.
Claude et Franck sont de "vieux" moniteurs en rivière alors que Maude est une jeunette de 17 ans mais qui ne s'en laisse pas compter. Ils ont pour naviguer un biplace pour Franck et Maude tandis que Claude les accompagnera en Ysak.
<o></o>
Pour notre part nous remettons nos exercices à l'après midi et les invitons pour l'apéro sachant que vu la mer ils ne vont pas pouvoir s'aventurer très loin. Nous les regardons s'éloigner rapidement et regagnons notre campement. Une heure après nous retournons sur la plage voir l'état de la mer alors qu'ils viennent de regagner le rivage.
L'apéro et le repas qui suivent sont fort animés, les Dracénois et Stan ont beaucoup d'expériences de rivière en commun, des anecdotes à la pelle et je ne vois pas le temps passer.
<o></o>
L'après midi Stan veut aller surfer les vagues; avides de spectacle Sylvie et moi ne demandons rien de mieux.
Nous rappelons à Stan qu'il doit nous faire une démonstration de remontée avec paddle float ce qui intéresse également les kayakistes de rivière qui nous accompagnent et de qui cette technique est inconnue.
<o></o>
Comme proposé par Stan j'essaie son Kialivak à l'abri de la digue; cela confirme mes impressions de la veille: c'est nettement plus rapide au démarrage et comme Stan me l'avait dit beaucoup plus stable que le mien. Ne pouvant pas sortir de la digue à cause de la mer trop formée pour moi je le lui rends rapidement mais il faudra que je réessaie à nouveau.
<o></o>
Stan met son Kialivak à l'eau, fait le tour de la digue et attaque une séance de surf. Comme Franck se sent des fourmis dans les pagaies il le rejoint bientôt à bord de l'Ysak. Les 2 compères s'en donnent à coeur joie, Franck bascule volontairement dans l'eau mais à peine a-t-il disparu qu'il remonte de l'autre côté grâce à un esquimautage impeccable.
C'est sur un esquimautage raté que Franck arrête. J'en profite pour emprunter l'Ysak afin de le tester à l'abri de la digue. Je m'y sens à l'aise tout de suite, il me paraît rapide, stable, facile à manoeuvrer enfin bref très intéressant.
<o></o>
<o></o>Stan revient après une séance de surf bien remplie. Durant celle-ci il a perdu le paddle float gonflable qu'il avait "élastiqué" sur le pont. Il fera sa démonstration avec 2 planches de piscine.
Il refait le tour de la digue et attaque sa démonstration. N'ayant pas envie de se mouiller les cheveux (je présume) il descend de son kayak grâce au paddle float, quel tricheur... Après un premier essai infructueux il réussit à remonter à bord. Sa technique n'est pas celle qu'on voit habituellement (il met sa pagaie derrière l'hiloire mais remonte devant la pagaie et non pas derrière) mais ça fonctionne visiblement.
<o></o>
Les Dracénois doivent nous quitter et c'est à mon tour d'aller à l'eau, je veux à tout prix réussir avec le paddle float. Et ça marche... Trois fois de suite je réussis à remonter sans me remettre à l'eau immédiatement. Alors bien sûr c'était à l'abri de la digue à un endroit où j'avais pied mais j'ai quand même réussi et suis tout content de moi.
<o></o>
Pour fêter ça je vais moi aussi essayer de surfer...
J'ai lu partout que c'était génial et en théorie assez facile: quand on sent l'arrière du kayak se lever on donne quelques bons coup de pagaie et on laisse faire. La pratique est un poil plus compliquée...
Je me dirige vers la digue, fait demi tour et la proue dirigée vers la plage attend la vague...
Ca y est l'arrière se lève, je commence à pagayer franchement, ça accélère fort et c'est vrai que c'est grisant... Oui mais voilà , ce qu'on ne lit jamais c'est la suite...
Parce qu'une fois parti en surf le bateau n'a qu'une envie: tourner soit à droite, soit à gauche. Et tourner ça veut dire se retrouver perpendiculaire à la vague avec une seule certitude: se retrouver à la baille. J'essaie plusieurs fois mais la fin est toujours la même: retour sur la plage en tirant piteusement le kayak pour le vider...
A chaque vidage Stan me dit qu'il faut que je me penche sur la vague pour y prendre appui mais l'idée même que se pencher au dessus de l'eau permet d'y créer un point d'appui est très difficile à concevoir pour moi et invariablement je me retrouve à l'eau.
Tant pis, on verra demain, la nuit porte conseil et permettra sans doute d'assimiler les conseils éclairés de Stan. Pour l'heure, la douche m'appelle.
<o></o>
Le soir la météo confirme que pour le lendemain la situation sera toujours la même et que, faute de rando on continuera les exercices.
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Les formalités d'accès passées, c'est armé du plan (indispensable) de ce camping gigantesque (1200 emplacements répartis sur 45ha) que je pars à la recherche de Sylvie et Stan dont j'avais fait la connaissance lors de mon bivouac à Esparron.
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Lorsque je les trouve j'apprends que la météo s'annonce mauvaise pour le kayak de mer et que beaucoup de participants prévus ont préféré renoncer plutôt que de traverser tout ou partie de la France pour rien.
Pour Sylvie et moi c'est plutôt une bonne nouvelle d'avoir un prof comme Stan pour nous tous seuls et même si on ne peut pas faire les randos prévues j'ai tellement de choses à découvrir (à commencer par les vagues) que le simple fait de raser les cailloux de la plage sera forcément bénéfique et instructif. Je suis venu pour découvrir la mer en kayak et travailler certaines manoeuvres (paddle float notamment) afin d'améliorer ma sécurité.
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C'est jour de manoeuvre pour la marine visiblement: 2 gros bateaux gris sont au large, régulièrement des hélicoptères s'y posent ou en décollent enfin bref c'est un peu bruyant.
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Après le déjeuner c'est le moment de vérité: on décharge les kayaks et on se prépare pour aller faire une petite rando en direction de Brégançon.
Sur la plage il n'y a pas grand monde ce qui m'arrange: quitte à être ridicule autant que ce soit en petit comité.
Je regarde la mer, les vagues me paraissent bien grosses tout à coup...
Bon c'est pas le tout mais faut y aller; Stan et Sylvie sont déjà partis alors que je suis toujours en train d'essayer de mettre cette p..... de jupe.
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Les premiers coups de pagaie sont hésitants, les vagues c'est pas habituel pour moi et ça remet tout en cause ou presque: hors de question de giter dans les vagues, si je fais ça je vais me foutre en l'air c'est sûr... Je rattrape péniblement Stan et Sylvie qui ont eu le bon goût de m'attendre un peu.
Je suis juste en arrière de Stan et légèrement décalé, je lutte contre les vagues qui arrivent par le côté, je rattrape en permanence un équilibre que je perds aussitôt après pour le récupérer in extremis.
Je me dis que ça va forcément pas durer et qu'immanquablement je vais passer à la baille lorsqu'une vague arrive, pas pire que les autres mais cette fois-ci je me penche pas du bon côté et avant même que le kayak ne soit retourné je suis déjà en train de barboter dans la grande bleue.
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Comme on vient juste de partir, je lance les pieds vers le fond, on ne sait jamais mais évidemment on n'a plus pied à cet endroit, fallait pas rêver. J'ai à peine le temps de me dire qu'elle n'est pas chaude que Stan est déjà là : "reste accroché à ton kayak et récupère ta pagaie". Ah ben vi c'est vrai, j'avais une pagaie au départ, elle est passée où celle-là ? Je lâche le kayak le temps de la récupérer et retourne à ma ligne de vie.
"Passe moi ton kayak et ta pagaie et va faire le cochon pendu au bout de mon kayak"
Stan passe ma pagaie à Sylvie, attrape mon kayak, le retourne et le vide pendant que je suis accroché à la pointe de son kayak.
Finalement, après le choc de départ l'eau est plutôt bonne Stan maîtrise visiblement la manoeuvre et j'avais de toutes façons prévu de finir à l'eau à un moment ou à un autre donc tout se déroule suivant mes plans finalement.
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Stan à mis les 2 kayaks en parallèle, je me hisse sur le sien, accroche la ligne de vie du mien sur lequel je me couche et réussi à glisser mes jambes dans l'hiloire avant de me tourner dans le bon sens. Manoeuvre de récupération parfaitement réussie, merci Stan!
Après avoir vidé le peu d'eau qui reste dans le kayak, je rejupe et on peut repartir.
Ca bouge toujours mais je commence à m'habituer, à laisser traîner la pagaie sur la vague pour m'appuyer dessus quand c'est nécessaire et si je ne suis pas forcément très rassuré je m'aperçois que ça se passe pas si mal que ça.
Sylvie a demandé à faire du rase-cailloux, et a obtenu sans problème mon soutien pour cette option... Quitte à repasser à la baille, je préfère avoir pied.
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La côte défile, on passe le cap Bénat puis le cap Blanc et on se dirige vers l'Ouest.
Une vedette de la SNSM part à fond vers le large, si c'est pour moi ils sont un peu en retard...
On rase les cailloux, on se faufile entre eux, parfois ça frotte sous la coque mais ça va.
Au bout de près de 2h de nav' environ, on fait demi-tour avant d'arriver au Fort de Brégançon: avec Sylvie on veut faire des exercices sur la plage au retour et on pourra toujours voir si Carla et Nicolas font du naturisme un autre jour.
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"Heu... on avait dit qu'on faisait du rase-cailloux, non?"
"Ben oui mais c'est plus court en coupant les criques..."
Bon ben y'a plus qu'à serrer les fesses...
La côte défile plus vite c'est sûr mais je ne suis pas très rassuré: ça bouge, Stan et Sylvie ont au moins 100m d'avance, si je passe à la baille...
Des zodiacs, avec des mecs pas tibulaires mais presque à bord, passent à fond: les commandos Hubert sont de la partie dans les manoeuvres de la marine visiblement.
De temps à autres des bateaux nous croisent et leurs vagues se rajoutent aux autres; jusque là tout va bien, jusque là tout va bien, jusque là tout va bien...
Néanmoins Stan regarde régulièrement derrière pour surveiller si je suis et on arrive à la plage sans encombre.
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Maintenant c'est l'heure des manoeuvres; avec Sylvie on veut aller près de la plage mais Stan veut que nous n'ayons pas pied et nous fait remarquer avec raison que de toutes façons les vagues nous poussent vers la côte et que même en commençant après les bouées on va à coup sûr finir sur le sable.
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C'est Sylvie qui commence, j'observe accroché à une bouée pour ne pas dériver.
Elle fait les exercices de pointe mais arrête rapidement car elle trouve l'eau trop froide.
C'est à mon tour d'attraper la pointe du kayak. Comme je suis très à l'aise dans l'eau (j'ai pas dit "sur l'eau") et que je suis déjà mouillé je trouve ça facile à faire et passe rapidement au suivant: le paddle float. C'est là que ça s'est gâté...
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Au dernier exercice de pointe je me laisse choir de l'hiloire (mais cette fois c'est par choix que je chois). Je sors des élastiques derrière l'hiloire le gilet faisant fonction de paddle float et tout en nageant près du kayak l'enfile sur la pagaie et commence la manoeuvre que je connais par coeur... dans sa partie théorique.
La première partie ne se passe pas trop mal mais dès que je prends appui sur le kayak, le gilet se barre de la pelle...
Après plusieurs essais Stan me passe son paddle float gonflable. Je le déroule, le gonfle, l'enfile au bout de la pagaie et l'attache au manche.
Cette fois ci plus de soucis, le paddle reste bien sur la pelle mais c'est une fois dans l'axe du kayak qu'invariablement je passe par-dessus et me retrouve de l'autre côté du kayak.
Après 5 ou 6 essais infructueux je laisse tomber: cela doit faire 10 minutes que je me bats dans l'eau et je commence à fatiguer un peu. C'est pas grave je sais que je ne suis pas loin de réussir: il faudra remettre l'ouvrage sur le métier, c'est tout.
Avec Sylvie nous faisons promettre à Stan de nous faire une démo le lendemain.
Pour moi de toutes façons tout cela est très positif: puisque ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort j'ai forcément progressé grâce à mes échecs; je n'en ai pas conscience c'est tout.
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Alors que nous ramenons les kayaks au camping nous croisons Joss qui vient d'arriver; il a vu l'annonce du rassemblement sur le site de Nérée et a décidé de se joindre à nous avec son épouse Fabienne. Il a aussi amené la planche à voile pour les jours où il y a trop de vent pour le kayak: il ne le regrettera pas.
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Le soir lors du repas nous écoutons la météo sur la VHF de Stan: le vent va forcir et la mer grossir; pour demain randonner semble compromis mais ça n'est pas grave, des exercices en bord de plage me conviennent très bien.
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Le lendemain matin dès le lever je vais sur la plage: la météo avait raison ça souffle plus et la mer est plus agitée qu'hier. Des membres du club de Draguignan doivent venir nous voir et nous ne sommes donc pas surpris de recevoir leur appel vers 10h. Nous les rejoignons sur le parking de la plage et faisons connaissance de Claude, Franck et Maude.
Claude et Franck sont de "vieux" moniteurs en rivière alors que Maude est une jeunette de 17 ans mais qui ne s'en laisse pas compter. Ils ont pour naviguer un biplace pour Franck et Maude tandis que Claude les accompagnera en Ysak.
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Pour notre part nous remettons nos exercices à l'après midi et les invitons pour l'apéro sachant que vu la mer ils ne vont pas pouvoir s'aventurer très loin. Nous les regardons s'éloigner rapidement et regagnons notre campement. Une heure après nous retournons sur la plage voir l'état de la mer alors qu'ils viennent de regagner le rivage.
L'apéro et le repas qui suivent sont fort animés, les Dracénois et Stan ont beaucoup d'expériences de rivière en commun, des anecdotes à la pelle et je ne vois pas le temps passer.
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L'après midi Stan veut aller surfer les vagues; avides de spectacle Sylvie et moi ne demandons rien de mieux.
Nous rappelons à Stan qu'il doit nous faire une démonstration de remontée avec paddle float ce qui intéresse également les kayakistes de rivière qui nous accompagnent et de qui cette technique est inconnue.
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Comme proposé par Stan j'essaie son Kialivak à l'abri de la digue; cela confirme mes impressions de la veille: c'est nettement plus rapide au démarrage et comme Stan me l'avait dit beaucoup plus stable que le mien. Ne pouvant pas sortir de la digue à cause de la mer trop formée pour moi je le lui rends rapidement mais il faudra que je réessaie à nouveau.
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Stan met son Kialivak à l'eau, fait le tour de la digue et attaque une séance de surf. Comme Franck se sent des fourmis dans les pagaies il le rejoint bientôt à bord de l'Ysak. Les 2 compères s'en donnent à coeur joie, Franck bascule volontairement dans l'eau mais à peine a-t-il disparu qu'il remonte de l'autre côté grâce à un esquimautage impeccable.
C'est sur un esquimautage raté que Franck arrête. J'en profite pour emprunter l'Ysak afin de le tester à l'abri de la digue. Je m'y sens à l'aise tout de suite, il me paraît rapide, stable, facile à manoeuvrer enfin bref très intéressant.
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<o></o>Stan revient après une séance de surf bien remplie. Durant celle-ci il a perdu le paddle float gonflable qu'il avait "élastiqué" sur le pont. Il fera sa démonstration avec 2 planches de piscine.
Il refait le tour de la digue et attaque sa démonstration. N'ayant pas envie de se mouiller les cheveux (je présume) il descend de son kayak grâce au paddle float, quel tricheur... Après un premier essai infructueux il réussit à remonter à bord. Sa technique n'est pas celle qu'on voit habituellement (il met sa pagaie derrière l'hiloire mais remonte devant la pagaie et non pas derrière) mais ça fonctionne visiblement.
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Les Dracénois doivent nous quitter et c'est à mon tour d'aller à l'eau, je veux à tout prix réussir avec le paddle float. Et ça marche... Trois fois de suite je réussis à remonter sans me remettre à l'eau immédiatement. Alors bien sûr c'était à l'abri de la digue à un endroit où j'avais pied mais j'ai quand même réussi et suis tout content de moi.
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Pour fêter ça je vais moi aussi essayer de surfer...
J'ai lu partout que c'était génial et en théorie assez facile: quand on sent l'arrière du kayak se lever on donne quelques bons coup de pagaie et on laisse faire. La pratique est un poil plus compliquée...
Je me dirige vers la digue, fait demi tour et la proue dirigée vers la plage attend la vague...
Ca y est l'arrière se lève, je commence à pagayer franchement, ça accélère fort et c'est vrai que c'est grisant... Oui mais voilà , ce qu'on ne lit jamais c'est la suite...
Parce qu'une fois parti en surf le bateau n'a qu'une envie: tourner soit à droite, soit à gauche. Et tourner ça veut dire se retrouver perpendiculaire à la vague avec une seule certitude: se retrouver à la baille. J'essaie plusieurs fois mais la fin est toujours la même: retour sur la plage en tirant piteusement le kayak pour le vider...
A chaque vidage Stan me dit qu'il faut que je me penche sur la vague pour y prendre appui mais l'idée même que se pencher au dessus de l'eau permet d'y créer un point d'appui est très difficile à concevoir pour moi et invariablement je me retrouve à l'eau.
Tant pis, on verra demain, la nuit porte conseil et permettra sans doute d'assimiler les conseils éclairés de Stan. Pour l'heure, la douche m'appelle.
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Le soir la météo confirme que pour le lendemain la situation sera toujours la même et que, faute de rando on continuera les exercices.
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