Samedi 28 juin, Nadine 29 Charles XI et moi-même partons à 11 heures pile du Conquet avec les anoraks. Pour eux c'est une Première. Pour moi c'est la 15° je crois, mais la première par Brouillard à couper au couteau. Du fond du port nous ne distinguons pas sa sortie. Le vent est nul malgré les prévisions peu favorables. Ma carte de l'archipel est à la maison!
La Tour de Kermorvant et la Balise Louve s'effacent derrière nous, après nous avoir vu nous faire secouer. Tout autour : du gris. A 11h26 surgit à Tribord l'Enez Eussa lancé à 14 nœuds. Nous n'avons pas ou௠son moteur beaucoup avant. Puis arrive la Grande Vignotière qui nous secoue presque autant que Kermorvant.
http://uncutvideo.aol.fr/videos/ddc77ff ... cfc3f6aa87 Ensuite plus rien jusqu'au Grand Couleau, Balise cardinale Nord. En une heure nous avons remonté de 1 km en maintenant le cap à l'Ouest. En continuant ainsi on devait arriver au Nord de Quemenes dans une heure
comme d'hab. ! à la fin de la 2° heure nous avons vu des hauts- fonds goémonneux, des récifs, et entendons une rumeur de plage à Babord. Charles sort le GPS et me dit que nous sommes au sud de Litiri. Nous n'aurions donc plus dérivé vers le Nord donc depuis le Gd Couleau... Je décide de Nordir; pour finir après quelques fantômes, et un phoque isolé, je reconnais Quemenes à Tribord. D'habitude je passe au Nord , quand bien même, c'est bon de savoir où l'on est... Quand on frôle la ferme-gite, je décide brutalement de faire une brève escale, Les autres en ont autant envie et le rivage n'est pas sauvage comme généralement. Le pain et le Journal que j'ai prévu seraient de la veille si l'on revenait demain. Nous surprenons des ôtes qui payent pour être isolés. David met le couver (à 13h) et sort avec une pile d'assiette répondre à nos salutations. Il me reconnaît et, sans que nous le sollicitions, nous donne l'autorisation de picniquer. La marée ne nous le permet pas. Alors je lui offre les présents du jour. Il décline le pain car ils en ont cuit mais garde le Libération du jour. Nous le libérons parce que 2 chenaux restent à franchir qui pourraient devenir couranteux dans les heures qui viennent. Je note que au Nord de l'île on voit le Ledenes Q. à 1.5 Km. Nous retrouvons les kayaks que la mer a renoncé à reprendre, donc l'étale est là . Au bout de Quemenes nous optons pour prendre un cap N.O. pour traverser la Chimère et prendre le cap de Molène direct en compensant le courant de Jusant qui commence. La Chimère nous le démontre déjà . Nous découvrons Trielen et même l'île aux Chrétiens alors que Quemenes reste visible jusqu'au Ledenes. Puis peu à peu un fantôme très large et bas se profile au N.O. Cela nous aurait suffit, mais nous nous offrons le luxe d'une visibilité de 4 km aussi soudaine que confortable

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IL reste à négocier le dernier bac à l'estime. Cap au Nord! nous arrivons quand même au sud d'un objectif qui était au NO. Il était temps. Picniquer à Quemènez nous aurait scotché au moins 4 heures.

A 15h les tentes sont montées et nous fonçons au musée du Drumond Kastle, je dis à mes amis que je leur rembourse l'entrée si ils ne l'apprécient pas. La scéance n'est pas commencée. Mais il y a un N° de portable en cas d'absence.
Gérard, l'enquêteur -plongeur -conservateur - caissier -conférencier -clown, décroche. Il me dit arriver dans 10 Minutes et m'invite à racoler les badaux. Sur 20 j'en ralie 2. 4 jeunes filles arriveront sans surprendre le GG. Elles sont en voyage commandé, doivent tout découvrir de l'île en 5 jours, elles n'ont pas, sauf une, la répartie de GG qui les titille. Ce matin elles ont nettoyé les plages, l'une s'y est blessée au crâne.
http://uncutvideo.aol.fr/videos/9fa5c05 ... 75dcf545ce GG commence par parler de Molène aujourd'hui et au temps de Henri VI. Puis il enchaîne sur le naufrage qui a changé la vie des Molènais à partir de 1896. On y apprend que les îliens génèrent 3 fois plus de déchets que les français moyens. C'est lui qui s'en occupe ici. Il mélange l'histoire de ses démarches de recherche en France et en Angleterre avec la grande H et ajoute des anecdotes de visiteuses qui lui demandèrent par exemple : « vous avez connu ce curé de Molène ? » Est si vivant son récit que l'on croirait en effet qu'il a vécu l'événement dans sa jeunesse.
Au bout de 4 heures, après avoir conclu par le mystère de l'erreur de navigation, il reçoit des applaudissements mérités. Pour nous 3 qui venons de passer 3 heures dans le Brouillard le contexte de l'accident est perçu concrètement. Nadine avoue être refroidie pour notre retour de demain (sic).

GG qui s'était assuré que personne n'avait de bateau à prendre (dernier à 17h30) s'est arrêté à 19h ! La veille il avait fait 4 séances pour 90 enfants et un groupe d'adultes.
Ensuite, nous courons au Camping prendre une petite laine. Puis nous nous rendons au restaurant l'Archipel en passant par le sentier côtier. A l'extrémité du camping 10 kayaks masquent l'herbe. Parmi les rameurs éparpillés en train de s'installer, j'en reconnais la moitié dont le meneur JMT. Nous découvrons la face de Benoit22 en XP1. Nous sommes content de nos navigations et de se les raconter. JMT a la propension à monter à ces disciples que l'archipel est couranteux et exigeant. Moi j'essaie de passer le moins de temps possible sur l'eau et le plus au village. Ceux-ci ne pourront pas voir le One man show du Musée. C'est une belle soirée d'été sur l'herbe qui commence. En sortant du resto par le Bar nous apprenons que les dix y ont bu un coup. Nous refaisons un périmètre de l'île, cette fois à l'allumage des phares. Les Dix commencent leur dîner.
Dans nos tentes respectives, Charles et moi suffoquons de chaleur au moment du coucher.
http://picasaweb.google.fr/rederbro/2829062008LeDeMolNe
Dimanche.
A petit dej. nous invitons, Ricardo le voisin italien qui a bivouaqué. Il n'a pas l'habitude de la rosée. Il visite tous les endroits que les Celtes ont appréciés. Il compte dormir à Belle-île ce soir. (45 mm de bateau+ 3 heures de route+ 45 mn de bateau.). Nadine recense les oiseaux, imite le chant du courlis.
Ce matin je vais saluer mes connaissances. Avec l'une d'entre elles, nous nous payons une tranche de plaisir à dire du mal d'un autre Ilien médiatisé.

Quand je reviens au camp, un chapelet de kayaks descend la cale Charcot. Nous suivons le mouvement en 3 chariotages. Deux ados observent la scène. L'un me demande si nous avons loué les kayaks? Il déplore que les locations soient toujours en SOT ; A 13 ans, il cumule 5 ans d'expérience en rivière (la Risle).
C'est la 4° heure de flot. La visi va jusqu'au continent. Le vent est nul. Tout est bleu.
Le groupe JMT commence un bac vers Trielen ouest. Nous suivons 2 km derrière. A sud de Trielen nous les rattrapons presque. Mais nous y aussi sommes retardés pour la même raison : des grosses bouilles moustachues posent devant nos objectifs. Veaux marins ou phoques?. Le doute est permis quand on connaît le nombre de
veaux élevés sous la mer en France.
http://www.veausouslamere.com/fr.
Dans la Chimère les dernières poussées obliques du flot nous aident. A la cale de Quemenes, nous faisons connaissance d'un petit fils de Tassin, l'agriculteur-éleveur-pecheur-goemonier. Il lave des chaises de jardin. Je le prie de saluer sa mère écrivain de la part d'un lecteur. L'orphelin (de père) sourit.
En face, à Litiri parmi les Zodiacs l'on distingue au moins 2 kayaks. Sont-ce Lologood et Damien ? nous traversons le chenal pour le vérifier. C'est bien çà ; mais le fait qu'ils sont trois m'a fait hésiter. Nous ne restons pas déjeuner avec eux car ils sont au vent et ont presque fini le leur. Demi-tour vers le Ledenes de Quemenes qui accueille déjà les 10 de JMT. La retraversée du chenal nous confirme que le temps a encore changé autour de l'étale. Ce vent nous aidera ensuite. Leur repas est commencé mais nous finissons ensemble et repartons avant eux, simplement parce que Jack ne revient pas d'une exploration du coeur de l'île. Certains, entre la poire et le fromage, ont réalisé qu'ils vont encore ramer à contre courant. Mais ils ne se mutinent pas.
A nous trois et à 3, nous sifflons de concert comme un paquebot quittant la rade.
La pointe nord de Litiry nous indique que le courant de jusant s'établit. Puis nous maintenons un cap Est (à 90° l'eau frémit). Plein vent arrière, nous avons très chaud dans l'action soutenue afin de ne pas louper le dernier port du Finistère Nord. Le Grand Courleau est approché de nouveau et l'Enez Eussa nous frôle comme à l'aller.
http://uncutvideo.aol.fr/videos/7990daa ... 966fd9d1ab Je paysage auquel nous faisons face se déplace vers la Gauche. A l'approche de Kermorvant, je siffle pour que les 2 pêcheurs remontent leur hameçons avant que j'arrive. Ils n'obtempèrent pas. N et C ne se sont pas autant approché de la roche que moi mais ont trouvé tout de même le contre courant.
Nous n'avons pas mis plus de 1h20 , grâce au vent et à notre assiduité. Soit une moyenne > à 6km/h. Pourtant cela a paru long à Charles. C'est sans doute à cause du manque de repères proches qui montent que l'on avance. Le cap constant à l'Est, conjugué avec le courant du nord nous ont emmené pile au port qui était à 2500m au Sud et à 7000 m à l'Est du picnic. En 2° heure de Jusant de coef 56 , Kermorvant était en mode initiation. Amusant.
Assez parlé de chiffres, le rangement puis le retour routier au soleil ont confirmé le bon WE d'été que nous avons eu la chance de passer dans une nature belle et silencieuse, agrémenté de rencontres aussi allègres que nous.