Iles de Lérins - 22 et 23 novembre 2008
Publié : mar. nov. 25, 2008 8:57 am
P….. ça bouge quand même!
C'est ce que je me dis en arrivant à St Raphaël et en regardant la mer; la météo annonçait pourtant une baisse du mistral et de la tramontane. Enfin bon on verra bien, on avisera avec tout le monde une fois à Agay qui est le point de départ de cette rando, organisée par Néreé, qui doit nous mener aux îles de Lérins. Ce qui est sûr c'est que si j'étais seul je ne m'y lancerais pas.
<o></o>
A Agay je retrouve Bernard puis c'est Stan et enfin Catherine et Jean qui se joignent à nous.
Stan nous dit que de toutes façons il y a des plages tout le long (un peu exagéré peut être…) et qu'au pire on pourra s'abriter.
Le temps de se préparer, de s'habiller (chaudement) et nous prenons la direction de Cannes.
Comme Stan nous l'avait prédit dès qu'on quitte la baie d'Agay ça commence à remuer un peu.
Vu mon niveau (moins que faible) je ne suis pas super rassuré: je n'aime pas quand les vagues viennent de l'arrière et n'étant jamais passé à l'eau avec le Skyros je ne sais même pas si je peux en sortir sans soucis mais on en reparlera.
<o></o>
Chemin faisant je me sens un peu mieux (le fait d'avoir Stan et Jean avec nous est des plus rassurant) et alors que nous sommes passés sans problèmes entre l'île des Vieilles et le continent en évitant soigneusement les rochers affleurants je vois tout à coup le kayak de Catherine se retourner et notre seule femme se retrouver à barboter dans l'eau, fort heureusement encore chaude pour la saison.
En moi-même je me dis que j'aurais plutôt parié sur moi pour le bain inaugural mais comme la rando n'est pas finie bien que je n'ai pas eu le ticket gagnant, si le vent ne se calme pas je pourrais bien finir placé quand même.
La récupération est rondement menée par Stan et Catherine qui a réembarqué rapidement (avec une paire de lunettes et un bonnet en moins) se dirige vers une plage afin de peaufiner le calage dans son kayak puisque c'est ça qui semble t'il a provoqué le bain involontaire.
<o></o>
Nous reprenons notre route vers l'est en longeant soigneusement la côte pour être le plus possible à l'abri du vent pour nous diriger vers l'endroit où tout va basculer pour moi…
Ca s'est passé dans le couloir que vous voyez au bout du cap: 43°27'3.48"N - 6°55'23.19"E.
Quand j'ai vu Stan s'y engager je me suis dit qu'il était fou de nous faire passer par là …
Puis Bernard est passé sans problème, Catherine également et ne voulant pas être le seul à faire le tour du cap (pas par fierté j'ai passé l'âge de ça et je maîtrise pas trop mal ma testostérone mais le fait d'être séparé du groupe me plaisait pas trop) je décide d'y aller.
<o></o>
Je m'approche prudemment pour observer l'eau qui bouge quand même beaucoup dans le couloir lorsque je sens la vague me soulever par l'arrière et le kayak partir en surf…
Je pars droit sur le rocher, pas de panique, je pose ma pagaie à droite et la pointe de mon kayak finit par virer du même côté pour s'aligner dans l'axe du couloir; ouf jusque là tout va bien. Stan me crie de pagayer et c'est là que ça se gâte.
Je m'aperçois alors que si une vague m'a poussé à l'entrée du couloir une autre va m'arriver de face à la sortie. Alors que je veux prendre appui pour modifier ma direction je pose ma pagaie dans la mousse… et tout bascule, le kayak et le mec dedans.
<o></o>
Je me retrouve dans une machine à laver en position essorage la main posée au fond et n'arrivant pas à sortir du kayak; par chance j'arrive à respirer entre 2 vagues et après quelques contorsions j'arrive à m'extraire, à prendre pied et à retourner le kayak.
J'attrape la pagaie et la glisse dans l'hiloire et m'apprête à rejoindre Stan qui m'attend à la sortie et qui me crie "Yves jette ton kayak!!!"
Comme je suis dans une zone relativement calme (en tout cas de mon point de vue) je ne comprends pas ce qu'il veut dire par là alors il détaille: "envoie moi ton kayak ou tu vas te faire écraser par lui!!!" Là j'hésite plus et le lui lance le plus droit possible.
<o></o>
Au passage j'ai noté que Jean qui était derrière moi a fait demi-tour pour contourner le cap. Lui-même nous dira ne pas avoir voulu le faire, ne pas savoir comment il l'a fait vu que la largeur de la passe est inférieure à la longueur du kayak mais le polyester éclaté sur sa pointe avant certifie qu'il l'a fait, sans doute en passant au dessus de ma tête. Comme quoi quand on est pagaie noire on fait des super trucs sans même s'en rendre compte, c'est beau la compétence inconsciente…
<o></o>
De mon côté je rejoins Stan en nageant et nous nous éloignons pour faire la récup' dans des eaux plus calme. Le kayak vidé par mon sauveur je grimpe dedans mais mon dossier s'est coincé et, mal assis, je manque de stabilité. J'essaie de vider ce qui reste d'eau mais le tuyau de la pompe s'est débranché et non seulement je n'évacue plus d'eau mais j'en embarque même par le trou d'évacuation.
De toutes façons c'est l'heure de manger et comme la plage d'en face nous tend les bras c'est avec un grand soulagement que j'y débarque.
<o></o>
Le repas tourne autour de ma baignade et de la suite du programme: le vent semble s'être installé alors qu'il devait tomber et la météo sur la VHF n'indique rien de bon; même si elle s'arrête à St Raphaël, je me dis que les 15km qui nous en séparent ne devraient pas beaucoup freiner le vent annoncé de force 6 à 7.
On décide de continuer et d'aviser une fois dans la baie de Cannes.
On rembarque mais plus on avance et moins je suis rassuré: Stan a beau dire qu'on est sorti du lit du mistral je doute que la tramontane nous laisse tranquille dès qu'on ne sera plus à l'abri de la côte.
<o></o>
Une magnifique plage nous tend les bras, Bernard s'y dirige mais Stan sentant sans doute le moral des troupes en baisse demande qu'on continue et je constate un peu déçu que la troupe repart vers l'est: j'aurais bien dormi là , moi.
Ceci dit c'est vrai que ça s'est un peu calmé et j'ai repris de l'assurance.
Arrivé au port de la Galère c'est le moment du choix: moi je voterais bien pour continuer à longer la côte mais on arriverait pas sur les îles avant la nuit donc il faut tirer tout droit.
<o></o>
Nous partons donc pour 7km dans une mer qui ne s'arrange pas: comme je m'en étais douté dès qu'on est arrivé dans la baie de Cannes la tramontane s'en donne à cœur joie et je commence à regretter de ne pas avoir mis cap vers le continent…
Stan me propose un remorquage mais je lui réponds que physiquement tout va bien c'est juste que je ne suis pas plus rassuré que ça et je lui demande de ne pas rester trop loin ayant dans l'idée que je n'ai pas pris mon dernier bain de la journée. Devant Bernard mène le train, Catherine et Jean suivent et je ferme la marche avec mon ange gardien à qui je redonne du boulot peu après la moitié de la traversée; ça faisait un moment que le vent se renforçait et que je me sentais de moins en moins bien et ce qui devait arriver arriva: le kayak se retourne sous les yeux de Stan et comme tout à l'heure je n'arrive pas à m'extraire du kayak tout en réussissant à respirer assez régulièrement et comme tout à l'heure je m'en sors après quelques contorsions.
<o></o>
Alors que je nage à côté de mon kayak Stan me dit qu'il faut que j'accepte de me retourner avant de vouloir sortir du kayak et je comprends mieux pourquoi j'ai tant de soucis pour m'extraire du kayak: avec le Mystic et son hiloire immense quand je sentais le retournement inéluctable je plongeais avant même que le bateau ne soit retourné mais avec le Skyros et son hiloire tout petit on ne peut sortir que quand le kayak est à l'envers: il faudra travailler ça.
En attendant Stan a vidé mon kayak, je remonte et comme ma pompe s'est encore déconnectée c'est la pompe à main de Stan qui videra un peu plus mon kayak. Dans les contorsions j'ai perdu un cale-pied, la mer bouge dans tous les sens, on est au milieu de la passe, enfin bref c'est le b…..
<o></o>
Stan prend les chose en main: Catherine vient se mettre avec moi en radeau et Stan va nous remorquer jusqu'à l'arrivée. Je suis désolé pour Catherine qui ne méritait pas ça mais finalement on a passé un moment sympa à discuter même si ça n'était pas super confortable comme position, moi accroché à sa ligne de vie et elle à mon hiloire.
Côté mer ça continue à tabasser mais si notre radeau remue beaucoup il tient le choc et nous arrivons sur l'île Sainte Marguerite un peu avant 17h00 pas fâchés d'être enfin arrivés après 23km si mouvementés.
<o></o>
Débarquement rapide, séchage, changement de vêtement, ouf ça va mieux.
Je regarde mon cale pied: en sortant je l'ai désengagé du rail mais fort heureusement il est resté dans le cockpit donc rien n'est cassé et je devrais pouvoir le remettre demain matin.
Pourquoi demain? Parce que pour l'heure j'ai pas envie mais alors pas du tout envie de toucher à ce foutu kayak.
<o></o>
La nuit tombe donc il faut installer le bivouac avant d'être dans le noir complet.
Comme c'est la première fois que j'utilise ma nouvelle tente je prends mon temps en m'attendant à une mauvaise surprise (je ne l'ai reçue que la veille et je n'ai pu la tester) mais finalement tout va bien: elle se monte facilement et sa grande abside est super pratique.
Tous secs et les couchages préparés c'est l'heure d'un apéro bien mérité sous une petite pluie fine qui fort heureusement ne durera pas longtemps. A l'apéro succédera le repas lui aussi bien arrosé
<o></o>
La soirée va se passer à discuter de tout et de rien mais surtout de kayak et lorsqu'on va se coucher vers 22h pour ma part je ne l'ai pas vu passer tant elle fut agréable.
A 8h du matin j'émerge tranquillement après une nuit fort agréable, Bernard est déjà debout, les autres ne vont pas tarder à nous rejoindre. Je suis soulagé de voir que le vent est un peu tombé et que la mer s'est calmée. Le petit déjeuner se passe tranquillement, on n'est pas pressé vu qu'on a décidé de rejoindre Mandelieu puis de prendre le train pour rejoindre nos voitures.
Catherine a une tendinite bien installée et moi je ne suis pas fâché de ne pas faire le retour à Agay face au vent.
<o></o>
On plie le camp tranquillement, mais peu après avoir embarqué je m'aperçois que ma dérive à un souci: Jean l'examine elle est coincée en position sortie, Stan arrive à la faire rentrer un peu: l'axe est semble t'il sorti de son logement et un peu de bricolage est à prévoir à la maison.
La traversée ne fait que 3 petits milles mais je ne suis pas des plus rassurés (j'ai carrément la trouille même) et je demande à Jean de rester à ma hauteur pour que je pagaye l'esprit tranquille. On va discuter tranquillement pendant cette traversée durant laquelle je me rassure au fur et à mesure que le temps passe: les vagues de face c'est quand même vachement mieux pour anticiper. Puis c'est vrai que c'est pas aussi violent que la veille, ni côté vent, ni côté vagues.
<o></o>
Finalement on arrive à la plage en face de la gare en même temps que notre train, donc il faudra attendre le suivant en mangeant (et buvant) tranquillement tout en gavant les mouettes locales avec notre stock de pain.
On laisse à Catherine la garde des affaires et des kayaks le temps d'aller récupérer les voitures à 25km de là et c'est à 17h30 que la petite troupe se sépare pour que chacun regagne ses pénates.
<o></o>
Ce fut donc pour moi un week end mouvementé mais, même quand on part à la flotte, comme dirait Stan: "on est mieux là qu'au boulot, non?"
C'est ce que je me dis en arrivant à St Raphaël et en regardant la mer; la météo annonçait pourtant une baisse du mistral et de la tramontane. Enfin bon on verra bien, on avisera avec tout le monde une fois à Agay qui est le point de départ de cette rando, organisée par Néreé, qui doit nous mener aux îles de Lérins. Ce qui est sûr c'est que si j'étais seul je ne m'y lancerais pas.
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A Agay je retrouve Bernard puis c'est Stan et enfin Catherine et Jean qui se joignent à nous.
Stan nous dit que de toutes façons il y a des plages tout le long (un peu exagéré peut être…) et qu'au pire on pourra s'abriter.
Le temps de se préparer, de s'habiller (chaudement) et nous prenons la direction de Cannes.
Comme Stan nous l'avait prédit dès qu'on quitte la baie d'Agay ça commence à remuer un peu.
Vu mon niveau (moins que faible) je ne suis pas super rassuré: je n'aime pas quand les vagues viennent de l'arrière et n'étant jamais passé à l'eau avec le Skyros je ne sais même pas si je peux en sortir sans soucis mais on en reparlera.
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Chemin faisant je me sens un peu mieux (le fait d'avoir Stan et Jean avec nous est des plus rassurant) et alors que nous sommes passés sans problèmes entre l'île des Vieilles et le continent en évitant soigneusement les rochers affleurants je vois tout à coup le kayak de Catherine se retourner et notre seule femme se retrouver à barboter dans l'eau, fort heureusement encore chaude pour la saison.
En moi-même je me dis que j'aurais plutôt parié sur moi pour le bain inaugural mais comme la rando n'est pas finie bien que je n'ai pas eu le ticket gagnant, si le vent ne se calme pas je pourrais bien finir placé quand même.
La récupération est rondement menée par Stan et Catherine qui a réembarqué rapidement (avec une paire de lunettes et un bonnet en moins) se dirige vers une plage afin de peaufiner le calage dans son kayak puisque c'est ça qui semble t'il a provoqué le bain involontaire.
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Nous reprenons notre route vers l'est en longeant soigneusement la côte pour être le plus possible à l'abri du vent pour nous diriger vers l'endroit où tout va basculer pour moi…
Ca s'est passé dans le couloir que vous voyez au bout du cap: 43°27'3.48"N - 6°55'23.19"E.
Quand j'ai vu Stan s'y engager je me suis dit qu'il était fou de nous faire passer par là …
Puis Bernard est passé sans problème, Catherine également et ne voulant pas être le seul à faire le tour du cap (pas par fierté j'ai passé l'âge de ça et je maîtrise pas trop mal ma testostérone mais le fait d'être séparé du groupe me plaisait pas trop) je décide d'y aller.
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Je m'approche prudemment pour observer l'eau qui bouge quand même beaucoup dans le couloir lorsque je sens la vague me soulever par l'arrière et le kayak partir en surf…
Je pars droit sur le rocher, pas de panique, je pose ma pagaie à droite et la pointe de mon kayak finit par virer du même côté pour s'aligner dans l'axe du couloir; ouf jusque là tout va bien. Stan me crie de pagayer et c'est là que ça se gâte.
Je m'aperçois alors que si une vague m'a poussé à l'entrée du couloir une autre va m'arriver de face à la sortie. Alors que je veux prendre appui pour modifier ma direction je pose ma pagaie dans la mousse… et tout bascule, le kayak et le mec dedans.
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Je me retrouve dans une machine à laver en position essorage la main posée au fond et n'arrivant pas à sortir du kayak; par chance j'arrive à respirer entre 2 vagues et après quelques contorsions j'arrive à m'extraire, à prendre pied et à retourner le kayak.
J'attrape la pagaie et la glisse dans l'hiloire et m'apprête à rejoindre Stan qui m'attend à la sortie et qui me crie "Yves jette ton kayak!!!"
Comme je suis dans une zone relativement calme (en tout cas de mon point de vue) je ne comprends pas ce qu'il veut dire par là alors il détaille: "envoie moi ton kayak ou tu vas te faire écraser par lui!!!" Là j'hésite plus et le lui lance le plus droit possible.
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Au passage j'ai noté que Jean qui était derrière moi a fait demi-tour pour contourner le cap. Lui-même nous dira ne pas avoir voulu le faire, ne pas savoir comment il l'a fait vu que la largeur de la passe est inférieure à la longueur du kayak mais le polyester éclaté sur sa pointe avant certifie qu'il l'a fait, sans doute en passant au dessus de ma tête. Comme quoi quand on est pagaie noire on fait des super trucs sans même s'en rendre compte, c'est beau la compétence inconsciente…
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De mon côté je rejoins Stan en nageant et nous nous éloignons pour faire la récup' dans des eaux plus calme. Le kayak vidé par mon sauveur je grimpe dedans mais mon dossier s'est coincé et, mal assis, je manque de stabilité. J'essaie de vider ce qui reste d'eau mais le tuyau de la pompe s'est débranché et non seulement je n'évacue plus d'eau mais j'en embarque même par le trou d'évacuation.
De toutes façons c'est l'heure de manger et comme la plage d'en face nous tend les bras c'est avec un grand soulagement que j'y débarque.
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Le repas tourne autour de ma baignade et de la suite du programme: le vent semble s'être installé alors qu'il devait tomber et la météo sur la VHF n'indique rien de bon; même si elle s'arrête à St Raphaël, je me dis que les 15km qui nous en séparent ne devraient pas beaucoup freiner le vent annoncé de force 6 à 7.
On décide de continuer et d'aviser une fois dans la baie de Cannes.
On rembarque mais plus on avance et moins je suis rassuré: Stan a beau dire qu'on est sorti du lit du mistral je doute que la tramontane nous laisse tranquille dès qu'on ne sera plus à l'abri de la côte.
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Une magnifique plage nous tend les bras, Bernard s'y dirige mais Stan sentant sans doute le moral des troupes en baisse demande qu'on continue et je constate un peu déçu que la troupe repart vers l'est: j'aurais bien dormi là , moi.
Ceci dit c'est vrai que ça s'est un peu calmé et j'ai repris de l'assurance.
Arrivé au port de la Galère c'est le moment du choix: moi je voterais bien pour continuer à longer la côte mais on arriverait pas sur les îles avant la nuit donc il faut tirer tout droit.
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Nous partons donc pour 7km dans une mer qui ne s'arrange pas: comme je m'en étais douté dès qu'on est arrivé dans la baie de Cannes la tramontane s'en donne à cœur joie et je commence à regretter de ne pas avoir mis cap vers le continent…
Stan me propose un remorquage mais je lui réponds que physiquement tout va bien c'est juste que je ne suis pas plus rassuré que ça et je lui demande de ne pas rester trop loin ayant dans l'idée que je n'ai pas pris mon dernier bain de la journée. Devant Bernard mène le train, Catherine et Jean suivent et je ferme la marche avec mon ange gardien à qui je redonne du boulot peu après la moitié de la traversée; ça faisait un moment que le vent se renforçait et que je me sentais de moins en moins bien et ce qui devait arriver arriva: le kayak se retourne sous les yeux de Stan et comme tout à l'heure je n'arrive pas à m'extraire du kayak tout en réussissant à respirer assez régulièrement et comme tout à l'heure je m'en sors après quelques contorsions.
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Alors que je nage à côté de mon kayak Stan me dit qu'il faut que j'accepte de me retourner avant de vouloir sortir du kayak et je comprends mieux pourquoi j'ai tant de soucis pour m'extraire du kayak: avec le Mystic et son hiloire immense quand je sentais le retournement inéluctable je plongeais avant même que le bateau ne soit retourné mais avec le Skyros et son hiloire tout petit on ne peut sortir que quand le kayak est à l'envers: il faudra travailler ça.
En attendant Stan a vidé mon kayak, je remonte et comme ma pompe s'est encore déconnectée c'est la pompe à main de Stan qui videra un peu plus mon kayak. Dans les contorsions j'ai perdu un cale-pied, la mer bouge dans tous les sens, on est au milieu de la passe, enfin bref c'est le b…..
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Stan prend les chose en main: Catherine vient se mettre avec moi en radeau et Stan va nous remorquer jusqu'à l'arrivée. Je suis désolé pour Catherine qui ne méritait pas ça mais finalement on a passé un moment sympa à discuter même si ça n'était pas super confortable comme position, moi accroché à sa ligne de vie et elle à mon hiloire.
Côté mer ça continue à tabasser mais si notre radeau remue beaucoup il tient le choc et nous arrivons sur l'île Sainte Marguerite un peu avant 17h00 pas fâchés d'être enfin arrivés après 23km si mouvementés.
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Débarquement rapide, séchage, changement de vêtement, ouf ça va mieux.
Je regarde mon cale pied: en sortant je l'ai désengagé du rail mais fort heureusement il est resté dans le cockpit donc rien n'est cassé et je devrais pouvoir le remettre demain matin.
Pourquoi demain? Parce que pour l'heure j'ai pas envie mais alors pas du tout envie de toucher à ce foutu kayak.
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La nuit tombe donc il faut installer le bivouac avant d'être dans le noir complet.
Comme c'est la première fois que j'utilise ma nouvelle tente je prends mon temps en m'attendant à une mauvaise surprise (je ne l'ai reçue que la veille et je n'ai pu la tester) mais finalement tout va bien: elle se monte facilement et sa grande abside est super pratique.
Tous secs et les couchages préparés c'est l'heure d'un apéro bien mérité sous une petite pluie fine qui fort heureusement ne durera pas longtemps. A l'apéro succédera le repas lui aussi bien arrosé
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La soirée va se passer à discuter de tout et de rien mais surtout de kayak et lorsqu'on va se coucher vers 22h pour ma part je ne l'ai pas vu passer tant elle fut agréable.
A 8h du matin j'émerge tranquillement après une nuit fort agréable, Bernard est déjà debout, les autres ne vont pas tarder à nous rejoindre. Je suis soulagé de voir que le vent est un peu tombé et que la mer s'est calmée. Le petit déjeuner se passe tranquillement, on n'est pas pressé vu qu'on a décidé de rejoindre Mandelieu puis de prendre le train pour rejoindre nos voitures.
Catherine a une tendinite bien installée et moi je ne suis pas fâché de ne pas faire le retour à Agay face au vent.
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On plie le camp tranquillement, mais peu après avoir embarqué je m'aperçois que ma dérive à un souci: Jean l'examine elle est coincée en position sortie, Stan arrive à la faire rentrer un peu: l'axe est semble t'il sorti de son logement et un peu de bricolage est à prévoir à la maison.
La traversée ne fait que 3 petits milles mais je ne suis pas des plus rassurés (j'ai carrément la trouille même) et je demande à Jean de rester à ma hauteur pour que je pagaye l'esprit tranquille. On va discuter tranquillement pendant cette traversée durant laquelle je me rassure au fur et à mesure que le temps passe: les vagues de face c'est quand même vachement mieux pour anticiper. Puis c'est vrai que c'est pas aussi violent que la veille, ni côté vent, ni côté vagues.
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Finalement on arrive à la plage en face de la gare en même temps que notre train, donc il faudra attendre le suivant en mangeant (et buvant) tranquillement tout en gavant les mouettes locales avec notre stock de pain.
On laisse à Catherine la garde des affaires et des kayaks le temps d'aller récupérer les voitures à 25km de là et c'est à 17h30 que la petite troupe se sépare pour que chacun regagne ses pénates.
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Ce fut donc pour moi un week end mouvementé mais, même quand on part à la flotte, comme dirait Stan: "on est mieux là qu'au boulot, non?"