Page 1 sur 1

Ile d'Ancre à 2+4 par pétole - 26 et 27 mars 2011 Compagnie AIR PIN

Publié : lun. mars 28, 2011 11:58 am
par Philippe
Récit d'un coup de soleil inattendu.

J'ai programmé la Robinsonnade à  Guerlédan pour "fêter le printemps" mais une semaine avant nous avons failli étouffer et dessécher.

Revenons à  la semaine dernière. Paulo me propose d'aller à  l'île d'Ancre le WE prochain. Les prévisions de la météo se font de plus en plus favorables au fil de la semaine. Facile le Samedi, Vent de 4/5 dans l'arrière gauche pour le retour. Je propose à  Romain de se joindre à  nous. Il décline mais il est aussi invité par à‰tienne pour la même destination. Il nous mets en contact.
Finalement à‰tienne et ses 3 équipiers, Corine, Olivier, à‰veline, nous retrouvent au même point d'embarquement. Port-Mer.
Les marées sont faibles mais il faut quand même en tenir compte et tenter de s'en servir.
La traversée de 10 miles doit durer plus de trois heures à  3 nœuds. Si l'on fait des pauses toutes les demi heures, il faut donc pédaler à  plus de 3 nœuds pour faire 3 milles dans l'heure.
Au delà  on verrait les conditions se compliquer : apparition d'un courant contraire.

Samedi 10h30 départ; on ne sait pas trop comment s'habiller
Au bout d'une demi heure nous sommes dégagés de la côte . le léger vent dans le dos semble disparaitre quand nous avançons. Nous enlevons une couche avec délices.
La visibilité annoncée est de 4 /5 miles seulement.
En Effet, l'objectif reste invisible alors que la côte continentale disparait dans la brume claire. Un Fou de Bassan vient nous voir. Un Dauphin apparait furtivement.
Nous prenons un voilier foncé pour une terre...
Au bout de 2 heures des bouées de casiers jalonnent notre chemin et incarnent notre progression. puis l'horizon brumeux révèle des irégularités. Encore une heure avant de toucher terre. Le courant est devenu plus favorable. 3 heures pour l'ALLER.
Après une restauration, nous marchons un peu pour digérer ce repas décalé. Puis nous visitons les roches et les passes menant finalement à  notre lieu de sommeil. Le vent du Nord n'est pas assez chaud pour nous illusionner sur la saison. Les Grands Goélands sont plus nombreux que les Argentés . Des huitriers-pies ne crient pas leur alerte. Des Cormorans huppés transportent des matériaux de construction.

Remontée des 6 kayaks avec des sangles par équipe de 4. Cette mise au sec terminée, nous nous habillons en tenue de piétons et visitons l'île. De son sommet, la vision panoramique révèle les nombreux parcours possibles entre les roches. Le propriétaire de "La Cabane" nous prête son fil à  linge et sa table de jardin.
Un apéritif dinatoire se prolonge sous l'éclairage de lampes à  dynamo.
Le Phare voisin à  double faisceaux balaye la brume.
Puis avant 22h00 tout le monde se couche dans l'une des 4 tentes.
La lune n'apparait pas, ni la pluie.
Image

Chacun se lève quand il en a envie.
Au matin de cette journée de 23 heures, le ciel est partiellement couvert . Le vent léger, sec et frais provient de l'Est.
Sans urgence nous déjeunons copieusement avant de recharger les kayaks.

Nous entamerons la traversée retour à  midi heure d'hiver. En attendant nous visitons encore les alentours et nous arrêtons aux marches du chateau "Renault"
Un Goéland pêche une aiguillette mais la perd en vol peut être à  cause de nous. En haut de la plage le faisant fait le coq.

Au moment du départ le vent de Nordet annoncé 3/4 beaufort n'est pas du tout établi. l'équipage d'un voilier nous le confirme. Nous comptions dessus pour surfer un peu.
Pas plus d'un autre bateau de plaisance est présent sur notre horizon. Dès la première demi-heure, nous nous déshabillons encore plus qu'hier.
En nous éloignant de l'île, cap au 90°, nous rencontrons une demi douzaine de bouées de casier alignées sur cet azimut. L'inclinaison de leur orin, visible grâce à  la clarté de l'eau et la tranquillité de la surface, confirme le courant latéral de notre plan de nav. Ce sont les dernier points fixes, si on peut dire, alors que l'île disparait dans notre dos et que le continent n'apparait pas encore. Il fait chaud, nous manquons d'air. Paul et moi ôtons nos gilets de sauvetage. Quelle économie d'énergie de ne plus agiter inutilement ce poids dans les rotations du tronc! Je comprend les ligneux.
Personne ne parle, ça épuise. il faut boire, la déshydratation menace. nous méditons nos pensées désespérées. Sans doute nous avançons. quoique nous doutons. Seuls en témoignent les quelques débris flottant que nous croisons. Mais si le courant nous entrainait à  pétraouchnok nous ne le saurions pas. Parfois nous croyons apercevoir la falaise; vision fugace due aux variations de la densité de la brume ou fruit de notre imagination. L'humour noir espère atterrir en Normandie ou en Bretagne . Alors que le léger vent du Nordet apporte une nuée tempérant provisoirement la chaleur, des rumeurs de motos parviennent du Sud. C'est Dimanche sur le continent. Pas un pêcheur-plaisancier dans les parages.

Soudain et face à  nous, un détail plus foncé flotte au dessus de l'horizon. Une grand-voile suppose Philippe. Non. "le phare" se réjouit à‰tienne. Effectivement. C'est bien un phare, fixe, posé sur le fond de la mer. A partir de là , l'effet de la dérive dû au courant se mesure, son contrôle est plus aisé. le pagayage est moins pénible les premiers se retrouvent derniers. A 500 m du phare la houle réapparait, nous offrant enfin quelques amusements.
Nous avons envisagé de débarquer sur le phare du Air Pin mais la plateforme était encore balayée par des vagues de houle. Seuls à‰tienne et Olivier s'y sont momentanément posés, histoire d'avoir du gel-coat à  réparer. Est-ce là  qu'il a perdu ses lunettes ?
L'accès au Continent demande un surcroit de technique : bac arrière pour atteindre le rocher AIR PIN puis carrément bac de ce rocher à  l'île des Landes, puis Vieille rivière par les contre-courants et enfin Port-Mer. Retour en 3h30

Encore un portage en équipe: une équipe mixte de 4: Corine + Evelyne + Paulo + Philippe et une équipe masculine spontanée de 2: à‰tienne et Olivier.
Des enfants ont envahi la plage que nous traversons. l'un d'eux demande si c'est lourd.
Nos faces témoignent de l'ardeur du soleil et de sa réverbération sur la piste.
Malgré la grande soif, ma bouteille de vin n'a pas été entamée. Les thé, cafés, soupes, Oban, cidre, bières et eaux de source ou minérales ont suffit. Donc je l'ai cachée derrière "La Cabane" D'ici la fin de l'année j'espère y retourner pour vérifier si l'île d'Ancre bonifie le Médoc.

Re : Ile d'Ancre à 2+4 par pétole - 26 et 27 mars 2011 Compagnie AIR PIN

Publié : lun. mars 28, 2011 12:39 pm
par Philippe
LES PREUVES
IMGP8250.JPG
IMGP8246.JPG
Image
IMGP8236.JPG
IMGP8234.JPG




Image

Re : Ile d'Ancre à 2+4 par pétole - 26 et 27 mars 2011 Compagnie AIR PIN

Publié : lun. mars 28, 2011 1:54 pm
par paulo
mes photos/vidéos en complément du récit de Philippe