Modèles de kayaks de mer
Caractéristiques de navigation : la coque
Longueur
Plus un bateau est long plus il est rapide et moins il est maniable (facile à tourner) et inversement.
Largeur
Plus un bateau est large plus il est stable et moins il est rapide (traînée) et inversement.
Ligne

Ligne gironnée :
Elle est plus adaptée à la mer formée, enfourne moins qu’un bateau aux lignes tendues. Elle est également plus maniable car moins immergé qu’une ligne tendue, mais est en conséquence moins rapide à longueur égale.

Ligne tendue :
Elle offre la vitesse (toute la longueur du bateau est dite utile car immergée, même en mer plate) et il est facile de garder un cap mais le bateau est moins maniable.
Position du maître bau
Jérôme53 : Pas simple... Un maître bau avancé (fish form) donne des avantages de conduite en mer formée et surf, de la place pour les grandes pointures tandis qu'un maître bau reculé (swede form) privilègie place dans le coffre arrière, stabilité et un potentiel de vitesse pour les kayak fitness (au delà de 5 noeuds).

Maître bau avant

Maître bau arrière
Forme de la coque
Jérôme53 : Une forme arrondie limite la surface humide, donc les frottements, elle est donc favorable à une bonne glisse du kayak (facteur prépondérant à 4 noeuds). Une forme complètement ronde engendre une faible largeur à la flottaison ce qui la rend instable à l'arrêt. Cette forme est réservé au kayak fitness et surfski et demande une pratique soutenu pour en tirer les avantages.
Les coques rondes sont peu utilisées en kayak de mer à ma connaissance, les coques plates sont plus typées rivières et permettent de tourner à plat, de surfer aisément, en contrepartie elles sont moins adaptées à la navigation en mer, elles « tapent » plus dans les vagues.
Sur du plat elles sont plus rapides que les coques en V d’après ce que j’ai pu lire sur le blog de chinook dont j’ai extrait cette image (http://www.chinookaventure.com/blog/200 ... s-de-base/).
La plupart des kayaks ont un V plus ou moins prononcé, il offre une stabilité secondaire en mer latérale.
Jérôme53 : Dans les kayaks modernes ont retrouve un mixte avec des formes planes sous les fesses pour le surf, un V plus ou moins prononcé vers les pointes et des bouchains vis ou adouccis selon les goûts.

Forme des bouchains
Les coques à bouchains vifs ont une gîte très marquée, potentiellement plus efficace et plus simple à utiliser que les bouchains arrondis car la gîte est très franche, toutefois c’est une histoire de goût car les deux fonctionnent aussi bien pour tourner. Pour le comportement en mer latérale je ne saurai dire n’ayant jamais essayé les bouchains vifs dans ces conditions.
Jérôme53 : L'angle vif entraîne aussi une surface humide légèrement plus importante ainsi qu'une légère fragilité (plus fragile à la flexion, aux chocs et l'accumulation de gel coat et résine dans cette zone ajoute à la fragilité).
Rom : Tout à fait d'accord, je connais des anas acuta qui trinquent tjrs sur les arêtes des bouchains, les chocs sont plus conséquents que sur les bouchains arrondis de mon reval, c'est pas pour rien si les tours des chateaux forts sont rondes.

Caractéristiques de navigation : le volume
Le volume du bateau non immergé définit sa prise au vent. Un volume se choisit en fonction du kayakiste, selon son gabarit. Si le volume non immergé est important il engendre une prise au vent et freine le bateau par vent de face, le fait dériver par vent latéral. Le vent est le pire ennemi du kayakiste selon moi.
Jérôme53 : Le volume non immergé permet aussi de limiter d'enfourner lors des surfs sur vagues courtes et grosses conditions. Celà explique les volumes importants (> 360L) rencontré sur des kayak dits day boat. Par exemple pour un gabarit de 80 kg on peut trouver des recommandations constructeurs allant de 290 à 380 l au détriment de la prise au vent.
Autres critères
Confort : Tous les kayaks ne sont pas égaux en terme de conforts : siège, cale-pieds, calages & facilité de mouvement sur le pont avant/arrière.
Les sièges sont à tester et à apprécier de façon personnelle, même si selon la marque on peut avoir l'avis des autres possesseurs de kayaks.

Quelques exemples de sièges
Les cales pieds ne sont pas tous aussi solides. Pour le réglage j'apprécie personnellement les modèles que l'ont peu régler en navigation (1er modèle sur la photo) et non ceux avec un système de pression derrière le cale pied qui ont tendance à se gripper avec le sable (2ème modèle sur la photo). Il existe des cale-pieds unis qui recouvrent tout le fonds du cockpit (4ème modèle en photo). Ils permettent de placer les pieds très facilement, mais empêchent d'allonger une jambe ou de ranger du matos derrière les cales pieds.

Modèles classiques de cales-pieds
Tous les kayaks n'intègrent pas de calages dans leur construction, dans ce cas il est aisé d'ajouter des calages en mousse afin de bien solidariser le bas du corps avec le bateau, c'est vrai pour une pratique joueuse notamment, beaucoup moins recherché pour une pratique randonnée/propulsion ou les jambes doivent rester libres et doivent pouvoir être reposées facilement. Pour les gros gabarits comme moi (grosse cuisses) je déconseille les cales cuisses qui débordent du cockpit et qui freinent la circulation sanguine au bout de quelques heures.

Exemples de cockpit & de leurs calages
Il est intéressant en kayak d'avoir une grande marge de flexibilité sur le pont arrière et avant, notamment pour la pratique de l'esquimautage. Quand je rentre dans un kayak je regarde toujours si je peux m'allonger compètement sur le pont avant et sur le pont arrière. Certains bateaux "très confortable" ne permettent pas de s'allonger en arrière faute d'un dosseret trop "confort". C'est très bien pour rester en statique (pêche, balade tranquille, problèmes de dos...) mais pour pratiquer un kayak plus technique et même propulser c'est à bannir.

le kayak au dosseret rigide ne permet pas de s'allonger sur la poupe, il est toutefois très confortable à l'arrêt,
le kayak bois & toile est en matériaux souples et est le plus approprié aux sessions d'esquimautage notamment,
le kayak volumineux ne permet pas de pagayer au ras de sa cuisse, la propulsion est malaisée.
Il existe aussi des modèles où il n'est pas aisé de placer sa pagaie le long de la proue faute d'un gros volume ou d'une mauvaise ergonomie. Les sacs de pont par exemple empêchent réellement d'obtenir une bonne propulsion.
En observant les kayaks de mer on se rend compte que les fabricants issus de la rivière, où le calage est primordial, ont des conceptions de confort optimisées. A voir si les matériaux qu'ils emploient ne sont pas trop rivière tout de même et ne craignent pas l'eau salée dans le temps (présence de visserie, crans de serrages mécaniques ect...).
Forme de l'hiloire : la taille de l’hiloire définit la facilité d’accès à bord mais aussi les calages. Plus l’hiloire est grand plus il est aisé d’y entrer et de débarquer n’importe où, plus il est petit mieux vous vous sentirez au contrôle du bateau grâce au bon calage des jambes.
A noter que les hiloires les plus arrondis sont les plus efficaces pour l’étanchéité de jupes, les parties droites ou à angles trop vifs de l’hiloire ne sont pas propice au bon serrage de la jupe et laissent passer l’eau.
Taille des trappes : C’est avec les trappes qu’on charge son bateau donc il est intéressant pour charger du matériel encombrant d’avoir des grandes trappes. Comme pour l’hiloire la trappe ronde est plus étanche dans le principe que la trappe ovale. L’accastillage en trappe prend du poids, pour du dayboat c’est donc plutôt à bannir. Les trappes de jour et trappes en avant du cockpit (espace très réduit pour appareil photo, biscuits̷) sont bien utiles en navigation je trouve.
Volume du bateau : selon que vous vouliez randonner ou pas le volume vous sera utile, en général les kayakistes français choisissent toujours un bateau trop volumineux au départ, pensant faire de grandes randonnées alors qu’ils utilisent plus souvent leur kayak à la journée… Du volume implique un bateau avec plus de prise au vent, moins de maniabilité et donc moins appréciable à la journée. Il faut bien intégrer le fait que partir en randonnée 2 jours ou 1 mois implique d'emporter les mêmes équipements ou presque : bivouac, pharmacie, vêtements, réparation, petits accessoires... Ce qui va changer c'est l'autosuffisance en eau/nourriture. Dans des régions habitées, à moins de randonner en angleterre il n'est pas forcément de bon ton de ne pas goûter les produits locaux.
Nico56 :sur le marché il y a trois tailles (16, 17 et 18 pieds soit <5m, 5,20 et 5,50m) qui correspondent grosso modo à trois types de programmes pour un kayakiste : jeu, jeu/rando (ployvalent), rando. Ces tailles sont parfois désignées en LV, MV, HV : low, middle ou high volume ce qui revient aux 16-17-18 pieds.
Matériau du bateau : plastique, fibre, bois, bois & toîle…
Le plastique ne se répare pas, est moins rigide, plus lent, plus lourd, se déforme vite mais craint assez peu les chocs. Il est aussi peu cher, toutes les formes de kayak ne sont pas réalisables en plastique.
Jérôme53 : la faible rigidité du PE oblige les designers à augmenter largeur et hauteur ce qui rend généralement ces coques en PE plus lentes. Le matériau serait presque plus propice à la glisse, une version du Rapier existe en PE, je ne pense pas qu'elle soit plus lente, sûrement plus lourde.
EricC66 : Pour les poliéth , je répare les Pp et Pe en automobile (pare-choc) à la baguette ou si petite réparation : tresse de renfort et bi-composant. Il faut être très attentionné et "maniaque" lors des réparations et idem pour les remettre en forme : souflant/chauffant et refroidir aussitôt ( intensité et distance de l'appareil ) pour les déformations sans cassure! Certains fabricants ont même mis au point des baguettes de couleurs (jamais vu !). Je pense en premier lieu à l'orange bien sûr.
Jérôme53 : Les réparations des petits accros sont possibles mais c'est quand même pas évident. Il faut avoir le lester à 600 € qui va bien. Et je suis toujours septique sur le recollage d'une cloison étanche. Très peu de moyen de coller sur du PE. A moins d'avoir le primaire adapté ou des moyens industriels.
jpr44 :J'ai une petite expérience de réparation sur PE rivière : collage par l'intérieur (le trou d'usure était situé sous le siège) d'une plaque de PE au moyen d'une colle polyuréthane. Dans le domaine de l'eau vive il y a des gars et des entreprises capables de faire du beau boulot propre avec des "pistolets thermiques" et autres lesters (j'en suis bien incapable). Autre solution pour le PE: doubler la coque avec un surmoulage en stratifié fibres et résine, collé à la colle polyuréthane, ça marche mais on ne retrouve pas l'état du neuf.
La fibre est le matériau le plus fréquent. Elle se répare très bien. Certains choisissent leur kayak en kevlar carbone voir full carbone pour la légèreté et c’est très agréable pour le transport et pour la réactivité du bateau à vide d’économiser quelques kilos.
Les fibres utilisées sont la fibre de verre (le plus fréquent & le moins cher), le carbone et le mélange kevlar carbone. Le carbone est la fibre la plus rigide mais la plus cassante à l'impact, le kevlar est la fibre la plus souple mais la moins sensible à l'abrasion.
Les résines utilisées sont les résines polyester ou l'epoxy.
Le choix des matériaux joue sur le poids, la rigidité et la robustesse du kayak.
Nico56 : La rigidité permet une meilleure transmission de l'effort donc améliore le rendement (tout le monde peut se rendre compte de ça déjà en passant du kayak en polyéthylène à la fibre de verre, y a pas photo, tu as plus la "pêche" avec un kayak en fibre) en revanche la différence entre kévlar/carbone et fibre de verre est moins perceptible mais ça joue quand même, en toute logique.
Jérôme53 : L'ordre des résines par prix est : Polyester 8 € ; vinylester 11€ et epoxy 15/20 €
Après il existe de très bonnes polyesters qui valent mieux que des epoxy bas de gamme ou inadaptée.
En gros polyester un peu moins résistant aux chocs et adhérent, mais les chimies s'améliore de plus en plus.
Epoxy très bonne adhésion aux fibres techniques, allongement à la rupture élevé, bonne résistance aux chocs, mais tenue aux UV nulle.
vinylester : elle a les avantages des 2 sans les inconvénients ; un peu moins adapté à l'adhésion sur kevlar.
Le bois est très léger et super facile à réparer. Il y en a peu de commercialiser, il faut le fabriquer le plus souvent. Le coût des matériaux est proche du coût d’un kayak neuf.
Les bois & toîle sont les plus traditionnels des bateaux puisque proches des kayaks en bois et peau des origines. Ils offrent donc des sensations différentes car ils sont souples, flexibles. Pour quelqu’un qui veut se consacrer au roll par exemple c’est le top. La toile est à entretenir régulièrement pour conserver une étanchéité. A ma connaissance personne n’en commercialise.
Qualité de construction :
Jérôme53 : Une bonne disposition des tissus avec des fibres bien perpendiculaire avec des roving fins apparents pas trop grossier (utiliser pour donner de l'épaisseur vite fait), un glassage fin permet de charger sans abimer.
Des résines résistantes à l'eau, bonnes adhérences et propriétés mécaniques, polyester isophtallique ou mieux epoxy voir vinylester. Attention au UV pour les Epoxy.
Préférer des collages propres à des fixations par visserie. C'est meilleur mécaniquement et l'inox on peut dire ce qu'on veut dans le sel ça rouille.
Les montages les plus simples sont les plus fiables et efficaces en kayak.
Collage pont/coque : collage intérieur et extérieur réaliser proprement avec une bande large (50mm mini. intérieur), voir collage en "sifflet du pont et de la coque" avec reprise extérieure.
Impregnation homogène de la fibre de verre, sans bulles, bien débuller voir une fabrication par infusion sous vide.
Collage hiloire identique pont coque : collage intérieur et extérieur. Belle finition de l'hiloire.
Accastillage efficace,
Attention au surépaisseur de gel coat difficile à voir neuf mais est cassant à l'usage.
Conception des cloisons : collage souple épais et résistant, pose en biais de la cloison surtout à l'arrière encaisse mieux lors d'un passage sur haut fond ou arrivée au short break)
Event pour échappement de l'air des cloisons.
Préférer une construction fiable et bien fini en polyester fibre de verre à une construction "hi lite carbon nomex" mal finie et non maitrisé
